
Dalin était parti des Sables-d’Olonne (ouest) le 10 novembre dernier et a passé la ligne au lever du soleil à 8h24 (GMT+1) sous les klaxons d’un important cortège de bateaux.
Il a été leader sur une grande majorité du parcours et devrait devancer d’une grosse demi-journée le skipper de Paprec Arkéa Yoann Richomme, avec qui s’était lancé un duel acharné depuis le passage du Cap Horn.
Rejoint par sa femme et son fils de sept ans une fois la ligne franchie, le Normand obtient enfin le Graal de la course au large qu’il convoitait depuis quatre ans, après avoir perdu le titre pour moins de trois heures lors de l’édition précédente.
Frappé par l’émotion et usé par la fatigue, le navigateur de 40 ans a levé les bras au ciel de longues minutes avant de s’effondrer quelques secondes sur le pont de son voilier.
Il a réalisé un parcours sans faute autour du monde, prenant définitivement la tête le 31 décembre, avant une remontée de l’Atlantique à suspense, où Richomme s’est accroché jusqu’au bout. Mais finalement, le Varois n’aura pas réussi à combler un retard d’une centaine de milles pris sur son ami de vingt ans peu après l’équateur.
Sur son parcours, Dalin a établi plusieurs records de navigation. A bord de son voiler à foils dernière génération, ultra-rapide et très polyvalent, il a notamment avalé le tronçon cap de Bonne Espérance (Afrique du Sud) - cap Leeuwin (Australie) en 9 jours et 22 heures seulement.
Et le marin a surtout établi un nouveau record sur l’épreuve, battant de plus de neuf jours celui signé par Armel Le Cléac’h lors de l’édition 2016/2017 en 74 j 3 h 35 min.

Pour avoir une chance de gagner, il devait compter sur une erreur de navigation de son ami et concurrent lors de sa laborieuse descente le long des côtes bretonnes, alors que les deux marins étaient montés très au nord lundi pour éviter une zone sans vent.
“Si proche si loin cette ligne d’arrivée, cela n’avance pas à la vitesse habituelle à bord de ce beau bateau (...) mais tout va bien”, a affirmé ému le marin en fin de journée lundi, dans une vidéo filmée depuis le bord.
Dalin n’avait aucune intention de lâcher si près d’un Graal qu’il convoite depuis 4 ans, après avoir perdu le titre d’un rien lors de l’édition précédente.

Aux Sables-d’Olonne, tout est prêt pour accueillir les deux premiers voiliers. Habitants et passionnés venus de la France entière se préparent à vivre une remontée du chenal historique après la conclusion de 2021, dans le vide imposé par l’épidémie de Covid.
A l’époque, Yannick Bestaven (Maître CoQ), arrivé plus tard que Dalin, avait obtenu une bonification de temps pour avoir participé aux opérations de sauvetage de Kevin Escoffier. Dalin s’était finalement incliné pour moins de trois petites heures.
“Cette deuxième place a été une grosse frustration. Pendant longtemps je me réveillais la nuit, je refaisais la course, les manoeuvres, les choix de voile pour comprendre où j’avais laissé filer ce temps”, racontait avant le départ le skipper à l’AFP.
En cas de victoire, Charlie Dalin sera rejoint sur le bateau par quatre membres de son équipe technique, mais aussi par sa femme et son fils de 7 ans, pour ses premiers contacts physiques après deux mois en mer.
La fête devrait ensuite durer quelques jours, au fur et à mesure des arrivées. Sébastien Simon, en 3e position, est attendu entre jeudi et vendredi pour compléter le podium.