
“Nous ne sommes pas en manque d’argent. Nous sommes comme tous les clubs de football, on recherche de l’argent. On fait notre travail”, a ainsi déclaré le président exécutif de l’OL, Santiago Cucci dans un entretien à l’AFP tout en reconnaissant “que le projet prendra forme quand on aura des victoires”.
Ces derniers mois, aux litiges entre John Textor et l’ancien patron historique du club Jean-Michel Aulas - toujours actionnaire minoritaire- se sont ajoutées diverses rumeurs et informations négatives qui entretiennent l’inquiétude de ses 600 salariés à temps plein.
Le septuple champion de France entre 2002 et 2008, fort de 18 participations à la Ligue des champions, peine aujourd’hui à remplir son stade de 59.000 places, où les soirs de matches, travaillent de 2.500 à 3.000 personnes.
L’équipe n’a pas gagné un seul match depuis le début du championnat, n’a remporté aucun trophée depuis la Coupe de France 2012 et n’a disputé qu’une Ligue Europa en quatre saisons, en 2021-2022. Et son chiffre d’affaire estimé à 290 millions d’euros exigerait de meilleurs résultats.
Car le modèle économique de l’Olympique lyonnais, basé sur le principe d’une participation annuelle à la Ligue des Champions, serait totalement inadapté à celui de la Ligue 2 où le budget moyen est de 15 M EUR annuel.
Le doute a envahi les supporters et les acteurs économiques lyonnais qui craignent de voir s’effondrer l’empire bâti durant 36 ans par Aulas.
En réponse, le nouveau président exécutif du club affiche sa confiance. “Je pourrais sortir une batterie de statistiques démontrant qu’il y a toujours une probabilité que l’on soit européen ou que nous soyons relégués. Maintenant, la majorité des pourcentages et de la data montrent que l’on ne sera pas relégués”, a-t-il dit à l’AFP.
Sur le plan financier, “l’agence de notation Kroll nous donne la note de BBB+. Compte tenu de la taille du club, il est exceptionnel d’être au-delà de BB. Ce qui en dit long sur notre structure financière et la solidité du projet”.
Et les rumeurs de départ d’Iconic Sports, un des partenaires américain d’Eagle ? “Il n’y a aucun désengagement officiel”, selon M. Cucci. L’explication est technique: le contrat d’origine prévoyait “d’utiliser une SPAC”, une société d’acquisition à vocation spécifique, Eagle “ne va pas le faire et ils ont la possibilité de se désengager”. Mais “est-ce qu’ils ont actionné la fenêtre ? Non”, assure-t-il.
En poste depuis juillet, M. Cucci défend toutes les initiatives prises depuis le rachat du club en décembre 2022.
La holding américaine Eagle football, structure multi-clubs qui détient 87,69% de l’OL Group, 46% de Crystal Palace, 90 % du Botafogo au Brésil et 80% du RWD Molenbeek en Belgique veut recentrer ses activités sur le football et clarifier sa situation financière, notamment en restructurant la dette contractée pour la construction du Groupama stadium.
“Comme nous avons aussi le projet d’aller sur la bourse de New York, on peut éditer des actions en avance pour attirer des investisseurs privés en avance qui peuvent se positionner. On espère obtenir 200 M EUR sur cette opération”, affirme le président exécutif.
Eagle a le projet d’entrer à la cotation à New York plutôt que de rester coté à Paris avec OL Groupe car ses actionnaires estiment que le marché français ne produit pas assez de volumes de transactions pour attirer des liquidités.
Dans le même temps, John Textor poursuit le processus de cession des actifs “non essentiels” comme l’Arena d’OL Vallée, près de Lyon. La vente de l’équipe américaine de football féminin d’OL Reign devrait être finalisée fin 2023 pour 50 M EUR environ et le transfert d’actif d’OL féminin à la structure multi-clubs de la femme d’affaires américaine Michèle Kang économiserait 11 à 12 M EUR de pertes annuelles. Cette dernière a été récemment nommée au conseil d’administration sans attendre la finalisation de l’opération.
Avec les restructurations prévues ajoutées aux cessions de contrats de cet été pour plus de 100 millions d’euros, l’OL espère convaincre la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion) de lever ses restrictions en matière de recrutement afin d’être actif sur le mercato d’hiver pour renforcer l’équipe. Et retrouver un nouveau souffle.