
À moins de deux ans du Mondial-2027, dont les groupes sont déjà connus, le compte à rebours est enclenché pour toutes les équipes européennes, qui rêvent de rééditer l’exploit anglais de 2003, déjà en Australie.
Si elle n’est que cinquième nation mondiale -et troisième européenne- la France s’avance donc comme la favorite pour décrocher un deuxième tournoi consécutif, ce qui ne lui est plus arrivé depuis 20 ans.
Contrairement à la tournée en Nouvelle-Zélande en juillet, sans ses cadres, ou aux matches de novembre et à sa montagne de blessés, les Bleus peuvent compter sur l’essentiel de leurs forces vives, à commencer par son demi de mêlée et capitaine Antoine Dupont.
“Les Français sont favoris. Parce que notre match contre eux aura lieu au Stade de France. Parce qu’Antoine Dupont, le meilleur joueur du monde, est là. Parce que la France est une très bonne équipe depuis un moment”, a lancé le sélectionneur britannique Steve Borthwick lors de l’évènement de lancement du Tournoi.
Mais les trois défaites contre les All Blacks, celle contre les Sud-Africains en novembre (17-32) et les deux victoires sans pleinement convaincre qui ont suivi ont remis la pression sur le sélectionneur Fabien Galthié. Au point que tout autre résultat qu’une victoire dans le Tournoi, sinon un Grand Chelem, serait vu comme un recul en raison des trois réceptions (Irlande, Italie, Angleterre) lors de cette édition.
“Les favoris sont souvent les gagnants de l’an passé. Mais l’an passé est révolu”, a mis en garde l’entraîneur des avants français William Servat, soulignant “le temps de préparation très court” avant un tournoi resserré, cinq matches en six semaines.
Les Français vont vite s’étalonner face à l’Irlande lors de l’entame de la compétition, avancée exceptionnellement à jeudi en raison de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver le lendemain.
Alors doubles tenants du titre et en course pour le Grand Chelem, les Irlandais s’étaient écroulés l’an passé face aux Français lors de la quatrième journée, 42-27, à Dublin.
L’appétit de revanche sera donc grand, avec comme référence leur victoire en 2024 à Marseille, déjà en ouverture du Tournoi. Mais le XV du Trèfle s’avance diminué, entre effectif vieillissant, jeune garde qui peine à convaincre et nombre de blessés.
C’est pourquoi l’Angleterre semble la mieux armée pour défier les Bleus. Les hommes de Steve Borthwick sont sur une série de 10 victoires, qui a commencé avec celle contre la France (26-25) lors du Tournoi-2025 et qui comprend aussi un succès de prestige contre la Nouvelle-Zélande.
Les Anglais sont redevenus sûrs de leur force, que ce soit leur ailier Tommy Freeman, leur ouvreur George Ford ou encore le troisième ligne Henry Pollock, survolté à chaque apparition sur le terrain.
Et quoi de mieux comme programme que de gâcher la fête des rivaux héréditaires en remportant ce qui pourrait s’apparenter à une finale au Stade de France lors de la dernière journée, le 14 mars ?
Avant ce potentiel final en apothéose, les deux équipes devront se défaire de l’Irlande, à chaque fois à domicile, mais aussi se méfier des autres équipes.
Gare à ne pas sous-estimer les toujours accrocheurs et joueurs Écossais, capables dans un bon jour de battre n’importe quelle équipe européenne. Quant à l’Italie, en progrès depuis plusieurs années, elle est vue par le sélectionneur sud-africain Rassie Erasmus comme “deuxième ou troisième” à la fin de la compétition.
En revanche, le pays de Galles, toujours en crise, semble l’équipe décrochée et rien d’autre que la cuillère de bois ne lui semble promis.