
Voir Griezmann, 35 ans, échouer aux portes de la finale après avoir été l'homme d'un match dont il aurait pu devenir le héros, mercredi dernier (1-1), serait un dénouement bien trop cruel, et une nouvelle désillusion dure à encaisser pour le champion du monde français.
Les deux images de son match, une déviation géniale de la tête pour l'Argentin Julian Alvarez, et une reprise du gauche venue s'écraser sur la barre, ne doivent pas venir le hanter, des années après, comme le fait ce pénalty raté, également sur la barre, lors de la finale de C1 face au Real Madrid perdue ensuite aux tirs au but, il y a dix ans.
"Ce n'est pas quelque chose auquel je pense tous les jours, mais chaque fois que nous parlons de la Ligue des champions avec des amis ou des coéquipiers, ce moment-là revient toujours sur le tapis, celui de 2016, le penalty", expliquait Griezmann dans une interview à l'UEFA la semaine passée.
Gagner enfin la C1 avec son club de coeur, à 35 ans, avant de s'envoler pour les Etats-Unis, lui permettrait "de panser une blessure très profonde", et "la seule façon de cicatriser réellement" de cette désillusion, suivie par une autre finale perdue à l'Euro-2016 avec les Bleus.
Son rôle n'a évidemment plus rien à voir avec celui qu'il occupait il y a dix ans, comme créateur et attaquant star des Colchoneros, dont il est devenu depuis le meilleur buteur avec 212 réalisations.
Mais ses déplacements incessants entre les lignes, ses remises astucieuses et son abattage défensif seront indispensables à nouveau mardi à Londres, pour espérer rejoindre Budapest, lieu de la grande finale, face au PSG ou au Bayern Munich.

Quitter l'Atlético pas seulement comme le meilleur buteur de l'histoire du club, mais comme celui qui a mené le club rojiblanco vers sa première C1 serait un juste retour des choses pour "Grizou", l'un des plus fidèles soldats du "Cholo", aujourd'hui admiré partout en Espagne.
Aux yeux de la plupart des observateurs, joueurs, entraîneurs ou supporters, il le mériterait peut-être plus que les autres, même si, comme l'a répété son entraîneur Diego Simeone, le football "ne doit rien" à personne, même à ses plus grands artistes.
"Antoine sait à quel point je l'aime. Je l'ai dit devant vous tous la dernière fois, parce que c'est un génie. Avec le temps, on se rendra compte que nous avons eu chez nous un génie du football, un joueur qui fait la différence, un leader, qui a toujours fait preuve de personnalité", l'avait encensé son coach avant la finale de Coupe du Roi, elle aussi perdue face à la Real Sociedad.
Avant de se rendre à Londres, lundi en fin d'après-midi, la "dernière danse" de l'attaquant français a pris des airs de tournée d'adieu, samedi à Valence, où il été ovationné lors de son entrée en jeu. Signe que sa légende est déjà bien écrite, à Madrid et au-delà, peu importe l'issue de la manche retour.