
"Des navires militaires interceptent actuellement notre flottille et les forces israéliennes sont en train de monter à bord du premier de nos bateaux", a relaté dans la matinée la flottille Global Sumud sur X, tandis qu'un site de suivi montrait plusieurs navires stoppés à l'ouest de l'île méditerranéenne.
Il s'agit de la troisième tentative en un an de briser le blocus israélien imposé à la bande de Gaza, ravagée par la guerre et confrontée à de graves pénuries depuis le début du conflit, déclenché en octobre 2023 par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a confirmé l'interception des bateaux, dénonçant un projet "malveillant".
"Vous menez cette opération avec un succès remarquable (...) Continuez jusqu'au bout", a déclaré le dirigeant au commandant de la marine israélienne à la manoeuvre, selon un communiqué de son bureau qui a diffusé un extrait de la conversation.
Plus tôt lundi, le ministère des Affaires étrangères avait prévenu qu'il "ne permettrait aucune violation du blocus naval légal imposé à Gaza", appelant "tous les participants à cette provocation à changer de cap et à faire immédiatement demi-tour".
Ankara a condamné de son côté cette "intervention des forces israéliennes dans les eaux internationales", qui constitue un "nouvel acte de piraterie" selon le ministère turc des Affaires étrangères.
Un terme repris par les organisateurs de la flottille: ils ont exhorté "les gouvernements à agir immédiatement" afin de permettre "un passage sûr pour (cette) mission humanitaire légale et non violente".
Selon le militant Suayb Ordu, qui se trouvait à bord de l'un des navires, les militants n'ont eu "d'autre choix que de (...) se rendre pacifiquement sans opposer de résistance".
"Nous n'allons pas là-bas pour nous battre ou commettre des actes de violence", s'est-il indigné, cité par la télévision turque.
Un autre membre de la flottille, Omer Aslan, a décrit sur une autre chaîne des soldats israéliens équipés "d'armes à canon long", assurant qu'ils ne briseraient pas la détermination des activistes.
Quelque 50 navires avaient quitté le 14 mai le sud-ouest de la Turquie dans le cadre de cette nouvelle flottille.
"Cette fois, deux groupes turcs violents - Mavi Marmara et IHH, cette dernière étant désignée comme organisation terroriste - participent à cette provocation", a dénoncé le ministère israélien.
"L'objectif de cette provocation est de servir le Hamas, de détourner l'attention du refus (du groupe) de désarmer et d'entraver les progrès du plan de paix du président (américain Donald) Trump", a-t-il estimé.
Malgré les appels répétés de la communauté humanitaire internationale à laisser affluer l'aide à Gaza et une trêve en vigueur depuis octobre 2025, Israël continue d'imposer un blocus au petit territoire.
Les autorités rejettent les critiques. "La bande de Gaza est inondée d'aide. Rien que depuis octobre, plus de 1,58 million de tonnes d'aide humanitaire et des milliers de tonnes de fournitures médicales sont entrées à Gaza", a assuré le ministère.
Israël avait déjà intercepté une précédente flottille dans les eaux internationales au large de la Grèce le 30 avril, relâchant rapidement en Crète la plupart des militants à bord, mais arrêtant deux d'entre eux, détenus plusieurs jours avant d'être expulsés.
Des ONG ont dénoncé des arrestations illégales, affirmant que les deux hommes avaient subi des mauvais traitements durant leur incarcération en Israël - des allégations niées par Israël.