Désir de "vengeance"Une Française jugée pour avoir organisé le meurtre de son époux

RTL Infos avec AFP
Le procès d'une femme accusée d'avoir assassiné son mari mi-2021 en plein divorce, avec l'aide de trois hommes dont un amant, s'ouvre vendredi à Beauvais devant la Cour d'assises de l'Oise.
© ROBERT SCHLESINGER / picture alliance / dpa Picture-Alliance via AFP

Le 24 août 2021, Jean-Christophe Piel, un kinésithérapeute de 41 ans habitant à Breuil-le-Vert, avait été abattu d'une balle dans l'arrière de la tête alors qu'il taillait des roses devant chez lui.

Delphine Pinto, 48 ans, son épouse avec qui il était en instance de divorce, un amant de Mme Pinto et deux amis de ce dernier dont l'un pourrait avoir été missionné pour être le tireur, sont jugés jusqu'au 12 juin.

Ces quatre personnes sont soupçonnées d'avoir fomenté le meurtre de M. Piel, et d'avoir mis dans la confidence d'une partie des projets le fils adulte de Delphine Pinto, né d'une précédente union.

Une semaine avant sa mort, Jean-Christophe Piel avait bénéficié d'une ordonnance de non-lieu alors qu'il était accusé de violences sur sa femme dont il était séparé depuis plusieurs années, et d'agression sexuelle incestueuse sur l'une de leurs petites filles.

Il avait également été accusé de viols par deux enfants de son ancienne conjointe qu'il avait adoptés. Son décès a entraîné l'extinction de ces poursuites.

D'après les éléments de l'enquête consultés par l'AFP, le couple formé par M. Piel et Mme Pinto était "caractérisé par une asymétrie", Mme Pinto étant qualifiée de "manipulatrice et mythomane" tandis que M. Piel est décrit comme ayant été "soumis et sous emprise".

Lors de leurs auditions, la plupart des prévenus ont gardé le silence ou nié les accusations.

Mme Pinto, qui a "concédé" son désir de vengeance à l'égard de M. Piel, notamment pour "protéger" ses enfants, a néanmoins nié avoir voulu le tuer.

Me Arnaud Ledru, son avocat, a dit à l'AFP espérer "l'acquittement" de sa cliente, assurant "qu'un certain nombre d'investigations n'ont pas été faites" et que les enquêteurs se soient "arc-boutés sur un scénario". Il voit dans ce procès une "parfaite illustration de la défaillance de notre système judiciaire et du peu de moyens" dont il dispose.

Delphine Pinto avait déjà été condamnée pour des faits d'escroquerie et usurpation d'identité en 2011 et 2012. Elle s'était notamment fait passer pour une avocate et avait prétendu récolter des fonds pour l'opération inexistante de l'un de ses enfants.

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