
L’accusé de 25 ans, qui est détenu et reconnait les faits, encourt 20 ans de réclusion criminelle. Il comparaît pour viols, agressions sexuelles, harcèlement sexuel ou encore atteintes à la vie privée, commis auprès de 43 jeunes (41 garçons et deux filles) de son entourage scolaire, amical ou professionnel.
La plupart des victimes étaient mineures au moment des faits, qui ont eu lieu entre 2018 et 2023. Parmi elles, sept adolescents ont dénoncé des viols, a précisé à l’AFP le substitut du procureur Jérémy Lhadi, qui sera en charge de l’accusation lors du procès qui se tient jusqu’au 27 mars à Besançon.
L’enquête avait débuté en 2021 dans un petit village au nord de cette ville, une région rurale de l’est de la France : un garçon avait dénoncé des agressions sexuelles de la part du jeune homme, qui suivait un apprentissage de bûcheronnage.
Dans le téléphone et l’ordinateur du suspect, les gendarmes avaient découvert “des dossiers nominatifs, avec des photos et des vidéos des victimes, ad nauseam”, rapporte le magistrat.
Les enquêteurs décrivent un mode opératoire récurrent: sous couvert d’un profil de femme créé sur les réseaux sociaux, le jeune homme abordait des garçons de son entourage plus ou moins proches pour obtenir d’eux “des photos intimes (...), nus ou en train de se masturber”, puis menaçait certains de diffuser ces images s’ils refusaient des relations sexuelles avec lui.
La grande majorité des victimes ne se sont pas constituées partes civiles, mais sont appelées à témoigner.
Âgés aujourd’hui de 20 à 25 ans environ, elles “ne veulent plus entendre parler” des faits subis, et beaucoup sont “anéantis par la honte”, a confié à l’AFP Jean-Baptiste Euvrard, avocat de quatre victimes, dont le premier garçon à avoir déposé plainte.
Les adolescents n’ont obtempéré aux demandes de l’accusé “que sous le chantage”, mais restent marqués par l’"omerta” et les “tabous” qui prévalent dans “ce milieu rural et agricole”, analyse-t-il.
Pour les avocats de la défense, Baptiste Monnot et Jules Briquet, l’enjeu sera de “comprendre le passage à l’acte” du jeune homme, et le lien entre les faits reprochés et son “homosexualité refoulée”.