Incendie à Crans-MontanaUn avocat de victimes suisses craint la "destruction de preuves"

AFP
Des familles de victimes de l'incendie d'un bar de la station de ski suisse de Crans-Montana craignent une "destruction de preuves" de la part des propriétaires ou de "quelqu'un qui leur est proche" faute de perquisition ou de détention des intéressés, a indiqué leur avocat mercredi.
Des personnes en deuil se rassemblent près du bar Le Constellation où un incendie a ravagé l'établissement lors des célébrations du Nouvel An dans la station de ski alpine de Crans-Montana, tuant une quarantaine de personnes et en blessant plus de cent autres, à Crans-Montana le 2 janvier 2026.
TOPSHOT - Mourners gather near the bar Le Constellation where a fire ripped through the venue during New Year’s celebrations in the Alpine ski resort town of Crans-Montana killing around 40 people and injuring more than 100 others, in Crans-Montana on January 2, 2026.
© AFP

“Mes mandants redoutent que des preuves soient altérées ou détruites vu l’absence de perquisitions et autres mesures incisives du ministère public” du canton du Valais, a déclaré à l’AFP Romain Jordan, qui conseille plusieurs familles.

L’avocat regrette que le couple français de propriétaires n’ait fait l’objet d’aucune restriction de liberté après le drame qui a fait 40 morts et 116 blessés le soir de la Saint-Sylvestre, et que le ministère public n’ait à sa connaissance mené aucune perquisition.

“Au petit matin, alors que l’établissement était encore en feu, des exploitants du bar Le Constellation ou quelqu’un qui leur est proche a suspendu l’accès aux pages Facebook, à tous les réseaux sociaux de l’établissement où figuraient des photos, des vidéos de la soirée”, a relevé l’avocat, estimant que “ça démontre bien qu’il y avait une conscience d’un problème et qu’on a cherché à le minimiser”.

Me Jordan indique par ailleurs que ses clients “saluent le travail de la presse qui a permis de retrouver déjà de nombreux éléments numériques”.

Le drame a été provoqué, selon l’enquête, par des bougies dites “fontaines” entrées en contact avec une mousse isolante anti-bruit posée au plafond du sous-sol.

Or, des vidéos diffusées lundi soir par la télévision suisse RTS montrent que ce n’est pas la première fois que ce type de bougies était utilisé dans le bar et que leur danger était connu.

“Faites gaffe à la mousse!”, avait lancé il y a six ans un employé du bar lors de la soirée du nouvel an 2019-2020, selon une de ces vidéos.

“Cette vidéo est sidérante”, a régi l’avocat, estimant qu’"il y avait une conscience de ce risque et que possiblement ce risque a été accepté”.

Les propriétaires du bar font l’objet depuis samedi d’une instruction pénale pour “homicides par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence”.

Si les enquêteurs jugent que les propriétaires avaient conscience des dangers, ils pourraient avoir à faire face à des qualifications plus lourdes, telles que “le meurtre par dol éventuel” (une forme d’intention de tromper), passible d’un maximum de 20 ans de prison.

Au terme de l’instruction ouverte contre les propriétaires, le ministère public du Valais décidera de classer l’affaire ou d’émettre un acte d’accusation en vue d’un éventuel procès. En attendant, la présomption d’innocence prévaut.

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