
“La mort d’Ihor Homeniuk a été la conséquence directe de la conduite des accusés, qui avaient le devoir d’agir différemment”, a déclaré le juge Rui Coelho, cité par l’agence Lusa, lors de l’annonce du verdict dans un tribunal de la capitale portugaise.
“Le devoir d’agir différemment": un euphémisme qui cache mal la violence de ces trois inspecteurs des services d’immigration, qui avaient roué de coups et torturé à mort Ihor Homeniuk.
Âgé de 40 ans et père de deux enfants, cet immigré ukrainien est décédé par asphyxie le 12 mars 2020 dans le centre d’accueil temporaire de l’aéroport de Lisbonne. Il étaitarrivé au Portugal par avion deux jours plus tôt en provenance de Turquie, où il devait être reconduit. Quatorze mois plus tard, la sentence est tombée: la justice portugaise a condamné les trois inspecteurs, mais pas pour meurtre.
Les trois inspecteurs de la police des frontières portugaise ont en effet été condamnés ce lundi à des peines de sept à neuf ans d’emprisonnement. Le tribunal n‘a pas retenu l’accusation de meurtre aggravé pour laquelle comparaissaient initialement les trois policiers, mais il les a condamnés pour “atteintes à l’intégrité physique aggravées par le fait d’avoir provoqué la mort”.
“Ce jugement est un pas en avant. (...) Justice a été rendue, elle servira d’exemple”, s’est félicité l’avocat de la famille de la victime, José Gaspar Schwalbach.
“C’était important que la justice reconnaisse qu’il n’y a pas eu homicide”, a réagi pour sa part Ricardo Sa Fernandes, représentant d’un des accusés, qui feront tous les trois appel de la décision rendue lundi.
L’affaire avait mis en lumière des dysfonctionnements au sein du Service des étrangers et des frontières (SEF), poussant le gouvernement à décider de réformer cette institution pour lui retirer ses compétences policières.