Viols et tortures sur Laëtitia R.Son ex-compagnon condamné à 25 ans de prison

AFP
La justice a condamné samedi à 25 ans de réclusion l'ex-compagnon de Laëtitia R. reconnu coupable de viols aggravés, actes de torture et de barbarie, proxénétisme sur cette femme qui voulait que le procès de son calvaire, devant la cour d'assises de Digne, ait valeur d'exemple.
Le dossier de la partie plaignante avant le début du procès de Guillaume B., accusé de multiples actes de violence conjugale sur sa compagne Laëtitia R., commis de 2015 à 2020, devant le tribunal des Alpes-de-Haute-Provence à Digne-les-Bains, le 18 mai 2026
Le dossier de la partie plaignante avant le début du procès de Guillaume B., accusé de multiples actes de violence conjugale sur sa compagne Laëtitia R., commis de 2015 à 2020, devant le tribunal des Alpes-de-Haute-Provence à Digne-les-Bains, le 18 mai 2026
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La condamnation est assortie d’une période de sûreté des 2/3. Elle est inférieure à la peine de réclusion criminelle à perpétuité qui avait été requise par le ministère public.

Guillaume B., 51 ans, ancien directeur d’une agence bancaire, était jugé depuis lundi par la cours d'assises des Alpes-de-Haute-Provence pour avoir infligé d’innombrables sévices à sa compagne durant sept ans, affirmant qu'ils entretenaient une relation sadomasochiste et qu’elle était consentante. 

Après plus de quatre heures de délibération des jurés, Laëtitia, mère de famille de 42 ans, a fondu en larmes à l'énoncé du verdict tandis que l'accusé est resté impassible.

"De perpétuité on est descendu à 25 ans, ce qui est déjà une avancée", a réagi un des avocats de la défense, Me Arnaud Lucien.

La plupart des actes -des coups, un tatouage dégradant, de la zoophilie, des brûlures, des étranglements ou de la scatophilie- ont été reconnus par Guillaume B.. Tout comme les relations sexuelles tarifées qu'il a imposées à son ex-compagne avec d'autres hommes, près de 500 selon la plaignante.

"Les faits ne sont pas contestés, la question c'est le consentement", avait plaidé Me Lucien. Les nombreux messages du couple "démontrent que Laëtitia a été consentante", estimait sa consœur Me Charlotte Barriol.

Une version que les jurés n'ont pas retenue et que Laëtitia a combattue durant une semaine de débats éprouvants auxquels ses quatre enfants ont partiellement assisté.

La condamnation prononcé pour l'ensemble des faits est "une satisfaction et un soulagement", a commenté Me Philippe-Henry Honegger, avocat de la mère de famille.

"Pendant 4 ans, on se pose la question, est-ce qu'on va être cru ? Est-ce qu'on va être reconnu comme victime ? Pour elle, c'était une épreuve", a-t-il souligné.

Sa cliente, reconnue handicapée entre 50 et 80%, avait souhaité que le procès soit public, inspirée par le courage de Gisèle Pélicot, devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles pour avoir témoigné des viols commis par son ex-mari et des dizaines d'hommes.

"Elle voulait que les gens puissent comprendre comment ça se fait qu'on n'arrive pas à quitter ce genre d'homme, que les gens puissent voir ce que c'est, ce genre de personnalité, ces dynamiques de couple qui sont tellement destructrices", a dit Me Honegger.

L'accusé aux cheveux grisonnants et à la fine moustache a assuré "regretter certaines choses", tout en niant, en pleurs, "être le monstre qu'on décrit". "Je ne pensais pas faire mal", a-t-il dit encore.

"Nier la dignité humaine"

Devant le tribunal, des représentantes d’un collectif féministe ont été présentes tout au long de la semaine pour soutenir Laëtitia.

"Votre décision déterminera ce que la société accepte qu'un être peut faire à un autre demain", avait lancé aux jurés l'avocate générale Malinka Eymond en requérant la perpétuité pour prévenir un "risque de récidive sur une autre femme".

Guillaume B. a "voulu nier la dignité humaine", a-elle dit, assurant que "la relation sadomasochiste n'en avait que le nom, ces pratiques sont censées être encadrées, or la plaignante ne pouvait jamais dire stop".

"Qu'il arrête de se cacher derrière le sadomasochisme ", avait lancé Laëtitia à la barre assurant qu'il s'agissait de "violences pures et dures".

Elle affirme qu'elle "vivait dans la peur permanente" pour elle et ses enfants, redoutant les représailles de son compagnon et la diffusion d'enregistrements intimes si elle le quittait.

Après leur rencontre en 2015, la relation de couple a, sous prétexte de jeux sexuels sadomasochistes, évolué en relation d'emprise psychologique et de contrôle total du mis en cause sur sa compagne, selon l'enquête.

En juin 2022, la victime parle de sa situation à une amie qui alerte les forces de l'ordre, entraînant l'interpellation de Guillaume B.

Préparatrice en pharmacie de formation, Laëtitia souffre selon son avocat de séquelles physiques et physiologiques "qui font qu'elle est dans l'incapacité de mener une vie quotidienne normale".

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