Depuis près de 20 ans, Jo Troian passe chaque été quelques mois à Belin-Béliet, à une quarantaine de kilomètres au sud de Bordeaux, pendant les vacances. Il avait déjà vécu de près les gros incendies de 2022 dans la région. À l’époque, lui et son épouse avaient même dû être évacués. Cette année toutefois, le feu ne s’est pas encore approché aussi près, explique-t-il.
"Il y a une semaine environ, nous avons vu d’énormes panaches de fumée se diriger vers nous. Ils venaient du sud par rapport à notre position, mais aussi du nord lorsque le vent a tourné."

Jusqu’à présent, les désagréments se sont toutefois limités à la fumée. Dans les pharmacies locales, des masques sont distribués gratuitement pour s'en protéger. Les informations ne sont pas toujours idéales, regrette ce Luxembourgeois de 75 ans, qui reste préoccupé, car personne ne sait dans quelle direction le vent va tourner :
"Si une évacuation intervient, ce sera compliqué, car la route principale vers le nord est fermée. L’autoroute est coupée sur une distance d’environ 60 kilomètres. Il sera donc difficile de partir rapidement."
Julie Dolar étudie habituellement à Bordeaux, mais pendant l’été, elle travaille dans un camping à Lacanau en Gironde. Mardi, quelque 4.000 touristes ont été évacués à titre préventif :
"Je pense que nous allons être évacués. Je ne vois pas pourquoi la direction viendrait nous demander de tout préparer si nous ne devions pas être évacués. Je ne pense pas que ça brûlera ici. Pour moi, c’est impossible, parce que nous sommes si près de la mer (...) Mais à cause de la canicule et avec le vent qui a tourné, je pense qu’il y aura une évacuation à titre préventif."
Tant l’étudiante de 22 ans que Jo Troian et sa famille ont déjà préparé leurs valises au cas où la situation viendrait à s’aggraver et qu’ils soient contraints de partir.