Confiner l'humanité pour sauver l'environnementQuand la crise inspire l'idée d'un "congé pour la planète"

Gaël Arellano
Le confinement de plus d'un tiers de l'humanité a comme conséquence directe une baisse massive de la pollution. De quoi donner des idées aux internautes.
Un montage qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter et 9gag
Un montage qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter et 9gag
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Le confinement de plus d’un tiers de l’humanité fait du bien à la planète. Cette théorie a récemment été confirmée par les images satellite de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui montrent une baisse visible des émissions de dioxide d’azote au dessus de l’Italie et de la Chine, deux des pays les plus fortement touchés par la pandémie de coronavirus. Il n’en fallait pas plus pour que les internautes lancent l’idée d’un “congé annuel pour la planète”.

En quoi ça consiste?

L’idée est d’imposer, à l’échelle planétaire, six semaines de télétravail pour donner l’occasion à notre planète de “souffler”. Une idée qui, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’a rien de nouveau. En effet, des chercheurs du Smith Insitute avaient déjà étudié la question en 2008.

Mais est-ce faisable ? Au vu des conséquences désastreuses que la crise sanitaire a sur l’économie européenne, un “congé pour la planète” semble difficilement réalisable. Cependant, la pratique a montré que lorsque c’est nécessaire, les états membres savent s’adapter.

Il n’y a qu’à prendre l’exemple des accords qui ont été trouvé entre le Luxembourg, la France, l’Allemagne et la Belgique pour permettre aux frontaliers de télétravailler jusqu’à la fin de cette crise sanitaire. Un processus qui, dans d’autres circonstances, aurait probablement pris plusieurs années.

On pourrait tout aussi bien mentionner les congés pour raisons familiales extraordinaires ou des mécanismes d’aides aux entreprises mis en place par le gouvernement luxembourgeois ou encore les fonds récemment débloqués par la BCE pour faire face à la crise.

Toutes ces mesures sont la preuve que, si d’un point de vue économique, un “congé pour la planète” paraît impossible à mettre en place, dans la pratique, tout est possible. Surtout si l’on enlève le facteur “pandémie” de l’équation. Mais scientifiquement parlant, cette idée tient-elle la route?

“Une idée sympathique”

Pour Thomas Schoos, conseiller de gouvernement au ministère de l’Environnement, c’est “une idée sympathique” mais “une pause ne peut-être l’objectif d’une politique à long terme pour le climat et la protection de la biodiversité”.

Il soutient que “l’idée de faire respirer la planète pendant six semaines reste symbolique et sans effet durable”. Et ce, malgré le fait que les indicateurs de pollution soient à la baisse depuis le début du confinement au Luxembourg.

En effet, M. Schoos nous a confirmé que les taux de dioxide d’azote et de particules fines dans l’air ont baissé et que la qualité de l’air s’améliore. Des effets comparables à ce qui a été observé par l’ESA en Italie et en Chine.

On peut partir du principe que le ralentissement de l’activité économique et sociale aura un effet bénéfique sur les émissions de gaz à effet de serre”, admet-il. Tout juste de quoi provoquer une “prise de conscience généralisée” mais pas assez pour faire la différence d’après lui.

Dans ce contexte, la position du ministère de l’Environnement reste ferme: “On ne peut combattre la crise climatique que par un changement en profondeur de notre mode de production énergétique, nos industries, notre mobilité et notre consommation.

En clair, cela signifie que malgré les bienfaits du confinement et, par extension, du télétravail pour l’environnement, ça ne suffira pas à régler la problématique du réchauffement climatique. Voilà qui en finit avec les espoirs de toute une génération d’internautes qui espéraient avoir trouvé une solution simple et durable au réchauffement climatique.

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