Coût de pompePrix des carburants: quel est l'impact du coronavirus?

RTL Infos
En pleine crise du coronavirus, l'Opep tente d'enrayer la chute des prix. Dans les stations-services luxembourgeoises, cette chute est spectaculaire.

Au Luxembourg, le SP98 a connu une baisse spectaculaire samedi dernier, chutant de près de 6,4 cents par litre (passant ainsi de 1,328€ à 1,264€).

Deux jours avant, c’était le diesel et le SP95 qui dégringolaient (Moins 3,1 cents par litre pour les 2 carburants).

Une baisse des prix qui n’est pas étrangère au contexte international, plombé par l’épidémie de coronavirus. Les membres de l’Opep et leurs partenaires vont justement tenter jeudi et vendredi à Vienne d’enrayer le plongeon des cours de l’or noir.

L’OPEP DÉPASSÉ PAR LA CRISE

Les ministres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se sont quittés début décembre en actant une baisse de leur production de 500.000 barils par jour. Cela s’additionne aux 1,2 million décidés fin 2016 et reconduits depuis.

Ces efforts ont brièvement fait rebondir le cours du brut, avant que l’épidémie de coronavirus ne le refasse piquer du nez. Les deux cours de référence, le Brent pour l’Europe et le WTI pour les Etats-Unis, ont ainsi perdu autour de 30% depuis un pic début janvier: ils sont tombés brièvement dans la nuit de dimanche à lundi au plus bas depuis plus d’un an, respectivement sous 50 et 45 dollars le baril.

Réuni en session “extraordinaire” dès le début du mois de février, le comité technique conjoint (JTC) de l’Opep avait recommandé une coupe supplémentaire de la production de 600.000 barils par jour afin de contrer “l’épidémie de coronavirus en Chine et son incidence potentielle sur le marché” pétrolier, selon un tweet de l’organisation.

Mais pour Craig Erlam, analyste chez Oanda, “ce ne sera pas suffisant”. La Chine, très gourmande en or noir, est toujours enlisée dans une vaste crise sanitaire, et le virus se propage désormais hors de ses frontières.

LA CROISSANCE MONDIALE RALENTIE

Chaque ralentissement de la croissance mondiale pénalise la demande en brut et accentue le surplus du marché de l’or noir. Or, l’OCDE a ramené lundi sa prévision planétaire pour 2020 de 2,9% à 2,4%.

L’Agence internationale de l’énergie a révisé en baisse ses attentes concernant la croissance de la demande de brut pour 2020, attendue désormais à 825.000 barils par jour, au plus bas depuis 2011, sous l’effet des conséquences “significatives” du coronavirus.

Ce déséquilibre entre une demande qui s’affaisse et une offre toujours pléthorique est encouragé par des pays non membres du cartel comme les Etats-Unis, premiers producteurs mondiaux qui pompent à un niveau record, suivis par le Brésil, la Norvège ou encore le Guyana.

Il pèse sur les prix et resserre l’étau dans lequel est pris l’Opep, qui n’a devant elle que des solutions imparfaites. Une coupe franche soutiendrait les prix, mais elle réduirait d’autant sa part de marché; et une coupe plus timorée pourrait rassurer le marché seulement “un jour ou deux”, estime Robert Yawger, de Mizuho, interrogé par l’AFP.

LES PRIX DE L’OR NOIR AU LUXEMBOURG

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