Au sommet européenPour Luc Frieden, "abandonner l'Ukraine ne peut pas être une solution"

Pierre Jans
adapté pour RTL Infos
À l’issue du sommet européen, le Premier ministre luxembourgeois Luc Frieden a livré un message sans ambiguïté : l’Union européenne doit maintenir son soutien à l’Ukraine et ne céder à aucune forme de lassitude. Pour lui, tout recul profiterait directement à Moscou.
© FREDERIC SIERAKOWSKI

"Renoncer ou baisser les bras ne peut pas être une solution. Si nous le faisons, l’agresseur, la Russie, gagne", a-t‑il insisté devant la presse vendredi soir. Le Premier ministre a rappelé que Vladimir Poutine ne vise pas seulement deux provinces ukrainiennes : "Il veut envahir toute l’Ukraine. Et s’il gagne là‑bas, nous partons du principe que la Russie avancerait ailleurs en Europe".

Frieden a confirmé que le Luxembourg soutient pleinement les efforts de la Commission européenne, tant sur le plan militaire que financier, pour aider Kyiv. Les chefs d’État et de gouvernement ont également convenu de limiter autant que possible l’octroi de visas touristiques aux ressortissants russes, une mesure destinée à accroître la pression sur Moscou. Le Premier ministre a indiqué qu’il en discuterait avec le ministre des Affaires étrangères Xavier Bettel.

Sur la migration, les débats ont été plus tendus. Les dirigeants européens ne sont pas parvenus à adopter de conclusions communes. Luc Frieden a expliqué avoir rejeté un langage qui, selon lui, ne correspondait pas aux valeurs fondamentales de l’Union. Il a dénoncé une tendance à "tout mettre dans le même panier" : "Il existe différents types de migrations. Et on ne peut pas attribuer tous les problèmes internes des États à la migration ou à l’immigration illégale. Ce mélange, fait par certains, je l’ai rejeté très clairement".

Le Premier ministre a toutefois rappelé que la lutte contre l’immigration illégale reste indispensable et doit se faire à l’échelle européenne. Selon lui, les premières mesures du Pacte européen sur l’asile et la migration commencent à produire des effets : il évoque une baisse de 50% des arrivées irrégulières et une hausse de 14% des retours des personnes qui ne peuvent pas rester dans l’UE. Ces tendances, assure‑t‑il, valent également pour le Luxembourg.

Luc Frieden a enfin souligné que l’Europe, et le Luxembourg en particulier, ont besoin de migration légale pour soutenir leur économie. Une position qu’il défend régulièrement : l’ouverture maîtrisée, dit‑il, reste un levier essentiel pour répondre aux besoins du marché du travail.

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