Images rares et interditesPlusieurs Français arrêtés à Dubaï pour avoir "filmé la guerre"

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Un total de treize missiles et vingt-sept drones ont été abattus mercredi 18 mars aux Émirats arabes unis. Malgré l’ampleur de l’attaque, seules trois vidéos ont émergé.
© Source: X

Trois images qui ont échappé au contrôle des autorités. Leurs auteurs, eux, n’ont pas échappé à la surveillance : soixante personnes sont actuellement en garde à vue à Dubaï, selon les informations de franceinfo. Parmi elles, au moins trois Français, soupçonnés d’avoir mis en danger la sécurité nationale en filmant les frappes iraniennes.

Aux Émirats, l’image du pays est un enjeu stratégique, et Dubaï veille à ce qu’elle reste intacte, quitte à rappeler à l’ordre les influenceurs. Dès le premier jour de guerre, la Française Maeva Ghennam, suivie par des millions d’abonnés, s’est filmée en plein moment de panique. Deux jours plus tard, elle était convoquée par la police. Elle assure n’avoir rien fait de mal, seulement exprimé sa peur. Elle n’a pas répondu aux questions de nos confrères, mais d’autres influenceurs racontent la même pression. L’une d’elles reconnaît ne plus savoir ce qu’elle peut dire. Une autre explique qu’il est strictement interdit de montrer ce qui tombe du ciel.

La loi est claire : diffuser des images contredisant les annonces officielles ou susceptibles de provoquer la panique expose à une amende de 200 000 dirhams, environ 50 000 euros. L’avocat Romain Astruc, installé à Dubaï, rappelle que tout élément lié aux attaques est prohibé, qu’il s’agisse d’un débris, d’une fumée ou d’un dégât. Selon lui, seules les scènes anodines du quotidien sont autorisées, des enfants au parc à un coucher de soleil dans le désert. Une législation censée protéger la population, affirme-t-il.

Les autorités invoquent des impératifs de sécurité, notamment le risque de fournir des informations sensibles à l’Iran. Les restrictions s’appliquent aussi aux journalistes. L’équipe de France Télévisions dépêchée à Doha n’a obtenu qu’un accès limité à certains lieux. Impossible de filmer des bâtiments gouvernementaux, des sites militaires ou tout autre point jugé sensible.

Mais derrière ces interdictions se joue aussi la réputation du pays. Un photojournaliste en a fait l’expérience : arrêté plusieurs heures pour avoir photographié l’aéroport de Doha au premier jour de la guerre. Il raconte que la police intervenait immédiatement dès qu’une personne tentait de filmer ou de publier une story. Selon lui, le Qatar cherche coûte que coûte à préserver son image de carte postale, une vitrine entretenue à grands frais.

Le ministère français des Affaires étrangères confirme que les dossiers des ressortissants arrêtés sont suivis par le Consulat général de France à Dubaï, et qu’ils bénéficient de la protection consulaire.

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