
L’Inde, submergée par une flambée exponentielle de cas de Covid-19, ouvre samedi sa campagne de vaccination à l’ensemble de ses quelque 600 millions d’adultes en dépit des pénuries, tandis que la barre des 150 millions d’infections dans le monde a été franchie.
En première ligne de la pandémie de Covid-19 avec le Brésil, l’Inde - dont les hôpitaux sont débordés - enchaîne les tristes records: vendredi, près de 3.500 morts et 385.000 contaminations ont été enregistrées en 24 heures dans ce pays de 1,3 milliard d’habitants.
Avant même son lancement, le programme indien de vaccination à très grande échelle semble déjà mis à mal.
Plusieurs Etats, dont le Maharashtra et New Delhi - parmi les plus touchés -, ont prévenu qu’ils étaient à court de vaccins et que le déploiement élargi de la campagne était menacé par des querelles administratives, une confusion sur les prix et des problèmes techniques sur la plateforme numérique de vaccination du gouvernement.
Jusqu’à présent, environ 150 millions de vaccins ont été administrés, soit à 11,5% de la population, et à peine 25 millions d’habitants ont reçu leurs deux injections. “Les files d’attente ici sont tellement énormes”, a déclaré Jayanti Vasant, dans un centre de vaccination très fréquenté de Bombay, “et les gens ne cessent de se battre”.
L’aide médicale internationale, annoncée par plus de 40 pays, a commencé à arriver cette semaine en Inde, où les hôpitaux manquent cruellement de lits, d’oxygène et de médicaments.
Samedi, un avion transportant du matériel sera chargé à l’aéroport français de Roissy, et un appareil militaire américain, transportant plus de 400 bouteilles d’oxygène et un million de tests de dépistage du coronavirus, a atterri vendredi à New Delhi. D’autres approvisionnements en provenance de nombreux pays sont attendus ces prochains jours.
Le Luxembourg a également annoncé vendredi envoyer du matériel médical: “En réponse aux besoins exprimés par les autorités indiennes, le gouvernement luxembourgeois mettra à disposition de l’Inde 58 respirateurs pour répondre à la situation d’urgence et renforcer les infrastructures hospitalières pour soigner les malades.”

La recrudescence des contaminations dans ce pays (2,5 millions de cas détectés ces sept derniers jours) alimente la propagation de l’épidémie sur l’ensemble de la planète, où plus de 150 millions de personnes ont été contaminées, dont près de six millions en une semaine, selon un comptage de l’AFP vendredi.
Au total, l’épidémie provoque plus de 800.000 nouvelles contaminations par jour en moyenne, nombre qui a plus que doublé depuis mi-février.