
L’Iran a annoncé samedi reprendre “le strict contrôle” du détroit d’Ormuz, revenant sur sa décision de la veille de rouvrir cette voie maritime par laquelle transite en temps normal un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz.
Peu après cette annonce, au moins trois navires commerciaux qui tentaient de franchir le détroit ont essuyé des tirs.
“Toute tentative d’approche du détroit d’Ormuz sera considérée comme une coopération avec l’ennemi et le navire contrevenant sera pris pour cible”, ont fait savoir les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l’Iran.
“Ils jouent au plus malin”, a réagi le président américain Donald Trump, dénonçant un “chantage”.
Après plus d’un mois d’une guerre qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et gravement perturbé l’économie mondiale, l’annonce de la réouverture du détroit vendredi avait donné un coup de fouet aux marchés financiers et provoqué un fort repli des cours du pétrole.
Le nouveau durcissement, qui risque de provoquer de nouveaux remous sur les marchés mondiaux lorsqu’ils rouvriront lundi, intervient en plein ballet diplomatique pour faire revenir l’Iran et les Etats-Unis à la table des négociations, après une première séance qui s’était terminée sur un échec le 12 avril à Islamabad. Le chef de la diplomatie égyptienne, Badr Abdelatty, a dit “travailler sans relâche” à cette fin, au côté du Pakistan.
Donald Trump avait assuré vendredi que l’Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, un enjeu crucial, ce qu’a démenti Téhéran. Et si le président américain a encore fait état samedi de “très bonnes conversations” avec Téhéran, le son de cloche est, là encore, très différent côté iranien.
“Nous sommes encore loin d’avoir bouclé le débat”, a déclaré samedi soir le puissant président du parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui avait participé aux négociations d’Islamabad face à une délégation américaine emmenée par le vice-président JD Vance.
“Nous avons fait des progrès dans les négociations, mais il subsiste de nombreuses divergences et certains points fondamentaux restent en suspens”, a-t-il ajouté.
Lors de la rencontre d’Islamabad, qui était celle de plus haut niveau entre les deux pays depuis la Révolution iranienne de 1979, “nous avons souligné que nous n’avons absolument aucune confiance dans les Etats-Unis”, a déclaré M. Ghalibaf, qui les a exhorté à “renoncer à l’unilatéralisme et à l’esprit d’imposition dans leur approche du dialogue”.