
Elle l’est encore plus après les nouvelles déclarations choc de Peter Embarek, le chef danois de la délégation d’experts internationaux ayant visité Wuhan en janvier 2021.
Dans un documentaire diffusé jeudi par la télévision publique danoise TV2, le scientifique s’est montré pour la première fois très critique envers Pékin.
“Jusqu’à 48 heures avant la fin de la mission, nous n’étions toujours pas d’accord pour évoquer la ‘thèse du laboratoire’ dans le rapport”, raconte M. Embarek.
A la suite de ces échanges, la délégation de l’OMS obtient finalement la permission de visiter deux laboratoires où s’effectuent des recherches autour des chauve-souris, explique-t-il.
“Nous avons pu parler et poser les questions que nous voulions poser, mais nous n’avons pas eu l’occasion de consulter la moindre documentation”, a regretté Peter Embarek.
“Un employé (d’un laboratoire) infecté sur le terrain en prélevant des échantillons relève de l’une des hypothèses probables. C’est là que le virus passe directement de la chauve-souris à l’homme.”
Il a ajouté qu’aucune des chauve-souris ne vit à l’état sauvage dans la région de Wuhan.
Les seules personnes susceptibles d’avoir approché les chauves-souris soupçonnées d’avoir hébergé le virus à l’origine du Sars-Cov-2 sont, selon lui, des employés des laboratoires de la ville.
Vendredi, la Chine a rejeté vendredi l’appel de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à une nouvelle enquête sur son territoire pour rechercher les origines du Covid-19, exhortant à une approche “scientifique” et non “politique”.
“Nous sommes opposés à la politisation de la recherche des origines (...) et à l’abandon du rapport conjoint. Nous soutenons une recherche basée sur la science”, a indiqué Ma Zhaoxu, vice-ministre des Affaires étrangères.
S’exprimant lors d’une conférence de presse, il a rejeté les nouvelles demandes de l’OMS.
“Les conclusions et recommandations du rapport conjoint ont été reconnues par la communauté internationale et la communauté scientifique”, a souligné le responsable.
“Les recherches futures doivent, et ne peuvent être poursuivies que sur la base de ce rapport. Il ne s’agit pas de tout recommencer à zéro.”
Concernant les données brutes réclamées par l’OMS, notamment sur les premiers malades à Wuhan, la Chine s’est de nouveau retranchée derrière le secret médical.
“Nous souhaitons uniquement protéger la vie privée des patients”, a assuré vendredi devant la presse Liang Wannian, chef de la délégation de scientifiques chinois qui a collaboré au rapport Chine-OMS.
“Sans leur consentement, aucun expert étranger n’a le droit de photographier ni de copier les données originales.”