"Le prix du carburant nous étouffe"Les salariés d'une vingtaine de stations-service TotalEnergies sont en grève

AFP
Face à la hausse des prix des carburants, qui pèsent sur leurs trajets quotidiens, les salariés de plusieurs stations-service TotalEnergies sont en grève ce vendredi.
A worker on strike stands by a placard reading "We wear Total's uniform but get neither the salaries nor the benefits" pictured at a gas station blocked by Argedis employees to demand fuel assistance in Saint-Aubin-de-Terregatte, western France on April 17, 2026.
Un gréviste se tient près d’une pancarte sur laquelle on peut lire « Nous portons l’uniforme de Total mais nous n’avons ni les salaires ni les avantages sociaux », photographié dans une station-service bloquée par des employés d’Argedis pour réclamer une aide au carburant à Saint-Aubin-de-Terregatte, dans l’ouest de la France, le 17 avril 2026.
© AFP

Les salariés d’une vingtaine de stations-service du réseau Argedis, filiale de TotalEnergies, se sont mis en grève vendredi, selon la CGT, pour demander une aide au paiement de leur carburant, en raison de la flambée des prix.

La direction du groupe a signalé pour sa part que huit stations étaient touchées par ce mouvement, soit 4% des sites de ce réseau.

“Il n’y a pas un litre de carburant qui sera vendu et il n’y pas un euro de sandwich qui sera vendu dans les stations”, a indiqué à l’AFP une déléguée syndicale CGT.

La CGT, syndicat majoritaire d’Argedis, qui gère, selon son site internet, 182 stations, principalement sur autoroute, déplore, pour certains salariés, un budget carburant qui “atteint désormais 400 euros par mois, pour un salaire net de 1.600 euros”, ce qui engendre une situation “financièrement intenable”.

“Le prix du carburant nous étouffe, on se bat pour nos salaires”

À la station TotalEnergies du Mont-Saint-Michel, sur l’A84 entre Caen et Rennes, l’accès aux pompes à essence a été bloqué vendredi matin par des rubalises et la boutique fermée, avec une dizaine de salariés d’Argedis à l’intérieur, a constaté un photographe de l’AFP.

Des pancartes donnaient à lire des slogans comme “Le prix du carburant nous étouffe, on se bat pour nos salaires” ou encore “Nous portons la tenue Total mais sans le salaire et les avantages”.

La direction a proposé une “prime carburant” comprise entre 15 et 40 euros par mois, selon le trajet effectué par les salariés entre leur domicile et leur lieu de travail. “Des miettes”, proteste la CGT, qui a appelé, à la veille des départs en vacances en Ile-de-France, au “blocage” des stations du géant pétrogazier français.

Le groupe, qui dit rester “ouvert au dialogue”, a également incité les salariés à prendre une carte Total, qui permet de bénéficier d’une réduction de 8 centimes par litre par rapport aux prix affichés, a indiqué la direction.

“Ce sont les cordonniers les plus mal chaussés”

“Ce sont les cordonniers les plus mal chaussés, c’est-à-dire que même les salariés de Total n’ont pas d’aide pour faire face à cette explosion du prix du carburant”, a réagi la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, vendredi sur France 2, demandant au gouvernement d’indexer les salaires sur les prix.

Argedis est une filiale à 100% de TotalEnergies, mais ne bénéficie pas du même socle social, selon la CGT.

TotalEnergies compte 3.300 stations-service en France métropolitaine.

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