CoronavirusLes rassemblements religieux, facteurs de propagation

RTL Infos
Partout dans le monde, des rassemblements religieux ont largement contribué à propager l’épidémie de coronavirus. De la France aux États-Unis, en passant par l’Inde, Israël ou la Corée du Sud, les lieux de culte ont souvent été des épicentres du Covid-19.
© GALI TIBBON / AFP

La région Grand Est est devenue l’un des principaux foyers de l’épidémie à cause d’un vaste rassemblement évangélique en février, à Mulhouse, à l’origine de centaines de contaminations dans toute la France. Plus de 2 000 fidèles y ont pris part, plus de la moitié des participants a été contaminée par le coronavirus.

DES FOYERS DE PROPAGATION

En Inde, un gourou “superpropagateur” du Covid-19 a potentiellement contaminé 15.000 villageois. En Iran, les premiers cas ont été détectés à Qom, ville sainte chiite visitée par des millions de fidèles qui prient collectivement. La Malaisie a annoncé que plus de la moitié des cas de coronavirus enregistrés dans le pays étaient liés à un rassemblement islamique de 20.000 personnes fin février. Et en Israël, les quartiers juifs ultra-orthodoxes sont devenus des incubateurs à coronavirus car une partie de la population y défie les règles sanitaires. La moitié des malades sont issus de la communauté ultra-orthodoxe, qui ne représente pourtant que 10% de la population. Et les exemples sont nombreux à travers le monde.

“PRIEZ CHEZ VOUS”

Les religions sont donc obligées de s’adapter. Pour Pâques, les fêtes seront confinées et inédites. Eglises vides, offices diffusés sur télévisions et réseaux sociaux, de Rome à Mexico, partout dans le monde, les chrétiens s’apprêtent à célébrer Pâques de manière inédite, tout comme les juifs Pessah, en raison du confinement, qui les prive d’églises, temples et synagogues. Pour la Pâque juive, qui commence mercredi soir (et se termine le 16 avril), les familles sont invitées à ne pas se regrouper au-delà du foyer. Pour se protéger.

Au Vatican, le pape François a célébré la messe des Rameaux dans une basilique Saint-Pierre déserte. Toutes les célébrations liturgiques se tiendront sans fidèles, y compris la bénédiction Urbi et Orbi sur la place Saint-Pierre dimanche prochain.

© Alberto PIZZOLI / POOL / AFP

Aucune cérémonie en présence de fidèles non plus en Espagne, France, Bosnie, Croatie, Montenegro, Albanie, Australie, Philippines, Mexique…et bien sûr au Luxembourg.

Dans le monde musulman aussi, on s’adapte au virus. De Tunis à Téhéran en passant par Jérusalem, les autorités religieuses, souvent incontournables, soutiennent pour la plupart les mesures de lutte contre la propagation du coronavirus, en allant parfois jusqu’à autoriser les fidèles à des comportements peu conformes à l’orthodoxie. “Priez chez vous” à la place de “Venez à la prière": dans plusieurs pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, comme en Algérie ou au Koweït, les muezzins ont pris acte de la décision des autorités de fermer les mosquées et modifié leur appel à la prière.

Aux États-Unis, parce que son confessionnal est fermé pour cause de nouveau coronavirus, Scott Holmer écoute désormais le repentir des paroissiens en mode “drive-in” sur le parking de son église du Maryland. Et au Panama, une bénédiction a même été faite depuis un hélicoptère pour cause de coronavirus.

ET POURTANT…

Dans certains pays, des dignitaires religieux ont toutefois crié à “l’apostasie” et mis en garde contre la colère de Dieu après la fermeture des lieux de culte. Le président d’extrême droite brésilien, Jair Bolsonaro, a inclus par décret les activités religieuses parmi les services essentiels devant rester ouverts même en période de confinement. Il a même appelé tous les Brésiliens à vivre, dimanche dernier, une « journée de jeûne et de prière » face à la pandémie.

Et de nombreux chefs d’État s’en remettent à Dieu dans leurs discours à la nation. Des États-Unis au Liberia, de la Colombie au Burundi, les discours de dirigeants qui en appellent à l’aide de Dieu se sont multipliés ces dernières semaines.

D’autres comportements sont carrément stupides, voire criminels. Un célèbre pasteur évangélique de Floride a été arrêté pour avoir célébré l’office de manière “répétée” avec des centaines de fidèles, ignorant les ordres de confinement décrétés pour lutter contre la propagation du coronavirus. Au Brésil, le très influent pasteur Silas Malafaia, qui a déjà reçu Jair Bolsonaro à plusieurs reprises dans son temple à Rio, avait assimilé les mesures de confinement à une “tactique de Satan”.

Mes amis, ne vous inquiétez pas à cause du coronavirus. C’est une tactique de Satan, il s’alimente de la peur”, avait-il affirmé.

© GALI TIBBON / AFP

Et que dire des propos du ministre israélien de la santé, Yaakov Litzman, qui aurait expliqué le mois dernier la pandémie de coronavirus en déclarant « C’est une punition contre l’homosexualité. »

Sans commentaires, à part peut-être qu’il vient, tout comme sa femme, d’être testé positif au Covid-19...

Back to Top
CIM LOGO