CoronavirusLes gagnants et les perdants de cette crise

RTL Infos
Bourses en chute libre, entreprises en grande difficulté: l'impact économique déjà immense de la pandémie de coronavirus pourrait entraîner de profonds bouleversements. Voici les différents secteurs mis à mal par cette épidémie et ceux qui en tirent profit.
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LES GRANDS GAGNANTS

Les nouvelles technologies et la vente en ligne semblent bien tirer leur épingle du jeu. Au moment où près d’un milliard de personnes sont confinées à travers la planète, la population se tourne vers ces nouveaux services et outils qui permettent de s’adapter à ces circonstances pour le moins inhabituelles.

Les grands sites de commerce sur internet ont enregistré une hausse des commandes alors que les consommateurs, confinés chez eux, achètent en ligne même les produits de première nécessité. “Nous constatons une augmentation des achats en ligne et, par conséquent, certains produits tels que les produits ménagers de base et les fournitures médicales sont en rupture de stock”, a déclaré Amazon.

Le géant du e-commerce peine à répondre à la demande des nombreux internautes confinés chez eux et voit ses délais de livraison s’allonger. Amazon vient d’annoncer le recrutement de 175.000 salariés, et devait à nouveau autoriser les tiers à vendre certains produits non essentiels, pour faire face à l’afflux des commandes en ligne depuis le début de la pandémie de Covid-19. Mais coup de théâtre, le tribunal judiciaire de Nanterre vient d’ordonner ce mardi à

Amazon France d’établir une évaluation des risques inhérents à l’épidémie de Covid-19 pour tous ses entrepôts et de restreindre en attendant son activité aux seuls produits essentiels.

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À travers la planète, la fréquentation des plateformes de streaming a connu une hausse de 20% au début de la crise, selon l’agence de presse Bloomberg News. Devant l’explosion de la demande, plusieurs acteurs de la vidéo et de la télévision en ligne -- Netflix, Canal+ et Google (maison mère de YouTube) -- ont réduit les débits afin d’utiliser moins de réseau pour alléger la pression sur l’internet en Europe.

Avec un nombre croissant de personnes en télétravail, les demandes pour des technologies permettant les réunions à plusieurs ont connu une forte hausse. “Il y a une telle ébullition autour du travail à distance que des sociétés comme Zoom ont vu la valeur de leurs actions grimper”, selon l’analyste de Creative Strategies Carolina Milanesi.

Chez les industriels, les grands gagnants sont, bien sûr, les fabricants de masques. Un bien désormais convoité par l’ensemble de la planète et qui donne lieu à une compétition mondiale sans pitié. La Chine a vendu depuis début mars plus de quatre milliards de

masques à des pays étrangers luttant contre la pandémie. Une situation qui pose avec acuité la question de la souveraineté industrielle et de la dépendance européenne à des produits fabriqués à l’étranger.

La pandémie de coronavirus génère des pénuries d’équipements médicaux essentiels. Les fabricants de respirateurs essayent de suivre, et les grands groupes pharmaceutiques ont fort à faire pour satisfaire la demande de médicaments et de tests de dépistage. Le gel hydroalcoolique connaît lui aussi une demande bien au-delà de sa consommation habituelle.

C’est une triste réalité, à l’heure où la planète compte ses morts, le secteur des pompes funèbres est à la limite de la saturation. Dans la plus importante fabrique de cercueils d’Europe, à Jussey, la cadence s’accélère face à l’épidémie de coronavirus. Désormais masqués, les salariés ne comptent plus leurs heures pour offrir aux nombreux défunts de France leur “dernier manteau”.

On a aussi un gagnant de circonstance dont le surcroît de demande devrait ne pas durer: le papier toilette qui a été pris d’assaut avec le confinement!

LES GRANDS PERDANTS

Tout le monde, ou presque...Il faudrait plusieurs articles pour énumérer tous les pans de l’économie touchés. Le commerce mondial pourrait chuter de près d’un tiers cette année selon l’OMC.

Mais le tourisme compte évidemment parmi les secteurs les plus touchés. Et avant tout l’aéronautique. À l’heure où les compagnies aériennes font les frais des mesures de quarantaine et de la fermeture des frontières, de nombreuses entreprises du secteur sont au bord de la faillite.

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L’Association internationale du transport aérien (Iata) a estimé que les compagnies aériennes avaient besoin d’une aide d’urgence de 200 milliards de dollars. “La crise est bien plus grave et plus étendue qu’après le 11 septembre, l’épidémie de SRAS [en 2002-2003] ou la crise financière mondiale de 2008”, a prévenu le directeur général de l’Iata, Alexandre de Juniac.

TOURISME: UNE ANNÉE PERDUE

En arrêt forcé, les voyagistes tentent de se projeter dans un “après-coronavirus” encore incertain et conditionné à la fin de la crise sanitaire mondiale, ce qui rend complexe l’ébauche de scénarios de rebond.

Pour cet été, on s’attend à une baisse d’au moins 60% de notre activité, puis de 40% à 50% pour la fin de l’année. Et on table, au mieux, sur octobre 2021 pour retrouver le niveau d’avant l’épidémie”, résume Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage, la fédération qui représente l’essentiel des agences de voyages françaises.

Le secteur des croisières risque de sombrer. L’épidémie de

coronavirus menace d’écorner l’image des paquebots, dépeints en redoutables foyers de contagion par les experts, et de faire tanguer les acteurs mondiaux du secteur. De la grande peste noire du XIVe siècle au Covid de 2020: le bateau, avec sa promiscuité, est en effet un terrain de propagation idéal pour une épidémie. Plusieurs paquebots ont été bloqués ces dernières semaines pour des cas suspects ou avérés de contamination au Covid-19. Les touristes risquent de bouder les croisières. Sinistré, le secteur a déjà dû renoncer à une grande partie de son activité.

CINÉMA ET SPECTACLES BROIENT DU NOIR

Les salles sont fermées, les sorties repoussées et les tournages suspendus. Face au coronavirus c’est toute l’industrie du cinéma qui est sinistrée.
Tout comme celle du spectacle vivant où l’on craint une saison blanche.
Les rendez-vous culturels majeurs de l’été renoncent en cascade, comme Avignon et les Eurockéennes.

Si un grand nombre d’entreprises va accuser un manque à gagner ponctuel, ce ne sera pas le cas pour les industries du cinéma, du théâtre et de la culture qui ne pourront pas rattraper les dépenses perdues.

Eux non plus ne rattraperont pas le chiffre d’affaire perdu. Des secteurs entiers de l’économie ont été fermés, comme l’hôtellerie, la

restauration, le commerce de détail non essentiel, et une part importante de l’activité manufacturière.

Enfin, même si c’est plus anecdotique, le monde de la prostitution est une autre victime collatérale du coronavirus.

En Thaïlande, la pandémie a mis au chômage des dizaines de milliers de travailleuses du sexe. La foule habituelle des touristes sexuels s’est évaporée. Les bars, les discothèques, les karaokés et les “salons de massage” se sont transformés - vraiment pour le coup - en maisons closes.

Et en France, des associations de défense des travailleuses du sexe, frappées par “une insécurité financière extrême” depuis le confinement, ont demandé à Emmanuel Macron la création d’un fonds d’urgence.

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