"Enterrées dans un endroit isolé"Les deux femmes portées disparues en France retrouvées mortes au Portugal

RTL Infos avec AFP
Les corps de deux femmes disparues dans le sud-ouest de la France depuis vendredi ont été retrouvés mercredi au Portugal, "enterrés dans un lieu isolé", a annoncé la police judiciaire portugaise à la suite de l'arrestation la veille du Français soupçonné de les avoir enlevées et séquestrées.
© Patricia DE MELO MOREIRA / AFP

La police judiciaire portugaise a précisé dans un communiqué avoir obtenu "des éléments de preuve solides qui, au cours de la matinée d'aujourd'hui (mercredi, ndlr), ont permis de retrouver deux corps, présumés être ceux de la compagne et de l'ex-compagne du citoyen en question, enterrés dans un endroit isolé".

Retour sur les faits

Un homme de 42 ans soupçonné d'avoir enlevé en Aveyron son ex-compagne et leur fils de 12 ans, dont il avait perdu la garde, a été interpellé mardi soir au Portugal en compagnie de l'adolescent et de la fillette qu'il avait eue d'une autre union, tous deux sains et saufs.

Une information judiciaire pour "enlèvement et séquestration de plusieurs personnes" avait été ouverte par le parquet de Montpellier à la suite de la disparition de l'adolescent et de sa mère de leur maison du village aveyronnais de Vailhourles, constatée vendredi matin et immédiatement jugée inquiétante par les enquêteurs.

Un avis de recherche avait aussitôt été transmis aux pays limitrophes.

En 2021, le suspect était déjà parti illégalement en Espagne avec son fils pendant plusieurs semaines. Il entretenait un rapport très conflictuel avec son ex-compagne.

Il a été interpellé mardi soir par la police portugaise à Mêda, petite ville d'environ 7.000 habitants à près de 200 km à l'est de Porto, non loin de la frontière espagnole, et placé en garde à vue, a indiqué le procureur de Montpellier Thierry Lescouarc'h dans un communiqué.

Un suspect déjà condamné

"Les investigations se poursuivent en liaison avec les autorités judiciaires portugaises dans le cadre de l'entraide judiciaire européenne en matière pénale, pour rechercher et localiser les deux femmes disparues", a précisé le magistrat.

Les investigations ont débuté vendredi après un signalement effectué par un membre de la famille de la mère de l'adolescent, qui avait constaté la disparition de cette femme de 40 ans et de son fils de leur maison de Vailhourles, un village de 650 habitants.

La mère, qui travaille pour une compagnie d'assurance, ne s'était pas présentée à son travail, ni son fils au collège.

Domicilié à Savignac, également en Aveyron, le père de l'adolescent, un ancien policier de 42 ans actuellement sans emploi, "a déjà été condamné pour non-représentation d'enfant et harcèlement sur ex-conjoint", avait indiqué le procureur de Rodez, Nicolas Rigot-Muller, avant que le pôle criminel du parquet de Montpellier ne reprenne le dossier.

Le père avait été déchu de son droit de visite, selon M. Rigot-Muller.

"Affaire complexe"

Selon une source proche du dossier, cet homme, ancien joueur de rugby à XIII, avait déjà participé, avec d'autres pères ayant perdu la garde de leurs enfants, à une grève de la faim devant le tribunal de Rodez et à des manifestations devant la mairie de Villefranche-de-Rouergue, à une quinzaine de kilomètres de Vailhourles.

Dans cette "affaire complexe", comme l'a décrite une source proche de l'enquête, où toutes les hypothèses dont celle de l'homicide ont immédiatement été envisagées, d'importants moyens ont été déployés dès le jour de la disparition pour ratisser l'Aveyron, ainsi que le département voisin du Tarn-et-Garonne.

Une soixantaine de gendarmes ont été mobilisés notamment dimanche, aidés de drones, d'hélicoptères, d'équipes cynophiles et de plongeurs qui ont sondé lacs et rivières, sans encore rien trouver de déterminant pour localiser les deux femmes.

Nourries par les craintes concernant les deux disparues et les rumeurs, "une grande colère ainsi que de la tristesse animent tout le village à cette heure", a réagi une habitante de Vailhourles qui a souhaité rester anonyme, jointe par l'AFP au téléphone.

Sur les réseaux sociaux, le père affirmait que son fils était "en danger" auprès de sa mère et dénonçait l'impossibilité d'obtenir un droit de garde. En mars 2023, il avait affirmé au quotidien aveyronnais Centre Presse que son ex-conjointe exerçait "des pressions" sur leur enfant et se livrait à de "fausses déclarations et de fausses attestations".

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