Démission du Premier ministreLe président portugais a dissout le Parlement, des élections prévues

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Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa a décidé de dissoudre le Parlement et de convoquer des élections législatives anticipées le 10 mars, pour surmonter la crise provoquée par la démission du Premier ministre socialiste Antonio Costa, impliqué dans un scandale de corruption.
© PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP

“J’ai opté pour la dissolution de l’Assemblée de la République et la convocation d’élections le 10 mars”, a déclaré le chef d’Etat conservateur lors d’une allocution télévisée.

Le président a en outre remercié M. Costa de “sa disponibilité” pour continuer de diriger le gouvernement jusqu’à l’entrée en fonction d’un nouveau Premier ministre.

Le président conservateur s’exprimait après avoir entendu pendant près de quatre heures, sur la situation du pays, les membres du conseil d’Etat, une instance consultative.

M. Rebelo de Sousa a choisi de convoquer des élections, comme le réclamaient les principaux partis de l’opposition de droite et de gauche, alors que les membres du conseil d’Etat n’y semblaient pas favorables, a-t-il précisé.

Le choix de passer par des élections est également l’option que semblent partager une majorité de Portugais. Près des deux tiers y sont favorables, d’après un sondage réalisé par l’Institut Aximage et publié jeudi dans le quotidien Correio da Manha.

Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa.
Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa.
© AFP

Le chef de l’Etat n’a en revanche pas retenu la solution défendue par les socialistes, qui auraient préféré éviter des élections en proposant un nouveau Premier ministre qui gouvernerait grâce à la majorité dont ils disposent au Parlement depuis 2022.

Une solution “trop fragile”

“Le pays n’avait pas besoin d’être à nouveau appelé aux urnes” dans “un contexte de grande incertitude internationale”, a estimé M. Costa à son arrivée jeudi soir au siège du Parti socialiste à Lisbonne, ajoutant qu’il avait proposé le nom de Mario Centeno, actuel gouverneur de la Banque du Portugal et ancien ministre des Finances, pour prendre la tête d’un nouveau gouvernement.

Mais le président a jugé cette solution trop “fragile”.

Les dirigeants socialistes ont prévu de se retrouver dès jeudi soir au siège du parti à Lisbonne afin de discuter notamment de la succession de M. Costa, qui ne briguera pas de nouveau mandat au poste de secrétaire général du PS.

Le principal parti de l’opposition de droite a quant à lui applaudi la décision du président.

“Il était inévitable de redonner la parole aux Portugais” afin de “rétablir le prestige, la crédibilité et la confiance dans les institutions démocratiques”, a aussitôt réagi Luis Montenegro, président du Parti social démocrate (PSD).

La décision de convoquer des élections dans quatre mois permettra aussi au gouvernement d’adopter le budget de l’Etat pour l’année prochaine, dont le vote final est prévu le 29 novembre.

Cela assurera “la stabilité économique et sociale indispensable” au pays, a rappelé le président.

Le Premier ministre a créé la surprise en démissionnant mardi, après son implication dans un scandale de corruption.

Soupçons de “corruption”

Cette affaire a déjà conduit à l’inculpation de son ministre des Infrastructures Joao Galamba et à l’arrestation de son chef de cabinet Vitor Escaria, limogé jeudi.

L’enquête porte notamment sur des soupçons de “corruption” et de “trafic d’influence” dans l’attribution de concessions pour l’extraction de lithium et la production d’hydrogène vert, selon le parquet.

Soupçonné d’être intervenu “pour débloquer des procédures” dans le cadre de cette affaire, Antonio Costa fera “l’objet d’une enquête” autonome.

M. Costa, l’un des rares socialistes à la tête d’un gouvernement européen, s’est défendu d’avoir commis une quelconque illégalité.

Arrivé au pouvoir en 2015, il a profité d’une conjoncture favorable pour détricoter les mesures d’austérité mises en œuvre par la droite en échange d’un plan de sauvetage international accordé en 2011, tout en continuant à assainir les comptes publics.

Après sa large victoire électorale le 30 janvier 2022, qui lui a donné une majorité absolue censée garantir la stabilité de son gouvernement, M. Costa a vu sa popularité dégringoler en raison de scandales à répétition.

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