
Critiqué pour son opacité, l’Eurogroupe a été au centre de toutes les attentions au moment de la crise grecque, quand il était présidé par le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, puis le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem. Mais il a perdu de sa superbe sous la présidence de Mario Centeno.
Ce jeudi, les pays membres éliront un nouveau président ou une nouvelle présidente. Parmi les candidats, figure le ministre des Finances Pierre Gramegna.
Candidat malheureux en 2017 contre le Portugais Mario Centeno, qui quitte aujourd’hui le poste, le libéral Pierre Gramegna (62 ans), a décidé de retenter sa chance.
Membre depuis presque 7 ans de l’Eurogroupe, ce diplomate de carrière peut se vanter de sa longévité à la tête du ministère des Finances du Grand-Duché, où il a été nommé fin 2013.
Ce polyglotte - outre sa langue nationale, il parle allemand, anglais, français, italien - s’est attaché à redorer l’image du Luxembourg, alors accusé d’encourager l’optimisation fiscale à grande échelle.
Dans le domaine budgétaire, Pierre Gramegna est partisan d’une certaine rigueur.
Il fait partie des ministres des Finances de l’UE qui préféreraient une solution négocié au niveau mondial sur une taxe européenne frappant les géants du numérique.

Nadia Calvino, ministre de l’Economie espagnole.
À 51 ans, elle fait figure de modérée aux accents libéraux au sein du gouvernement de coalition de gauche au pouvoir à Madrid.
Avant sa nomination par Pedro Sanchez en juin 2018, elle était directrice du Budget de la Commission européenne à Bruxelles où elle travaillait depuis 12 ans. Elle a aussi occupé des postes à la direction de la Concurrence et à celle du Marché intérieur au sein de l’exécutif européen.
Dans sa course à la présidence de l’Eurogroupe, elle a reçu un soutien précieux, celui de la chancelière allemande Angela Merkel. En cas de victoire, elle serait la première femme à la tête de ce club très masculin.
Mais certains pays - notamment les plus libéraux - s’opposent à son élection, doutant qu’elle ait les qualités requises pour une présidence qui réclame un sens aigu du compromis.
Paschal Donohoe, l’Irlandais prudent.
Aux manettes des finances de l’Irlande depuis 2017, le ministre de centre-droit Paschal Donohoe a ramené son pays sur le droit chemin budgétaire après une sévère récession, des efforts risquant d’être anéantis par la pandémie de nouveau coronavirus.
C’est sous l’impulsion de cet homme de 45 ans aux tempes grisonnantes que le gouvernement irlandais a enregistré en 2018 son premier surplus budgétaire depuis la crise financière, qui avait mis à terre l’économie du “tigre celtique” dix ans plus tôt.
Parallèlement, ce fan de Star Wars prépare l’Irlande à l’éventuel choc d’un Brexit sans accord, auquel son pays serait particulièrement exposé.
Il défend un taux d’imposition des sociétés à 12,5%, particulièrement bas, et fait de la résistance quand l’Union veut taxer les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple) l’Irlande abritant les sièges européens de géants américains du numérique.