
Le Parlement portugais a rejeté mardi une motion de censure contre le gouvernement de droite déposée par le parti d'extrême droite Chega pour réclamer la démission du ministre de l'Intérieur, fragilisé par une série de polémiques du temps où il dirigeait la police judiciaire.
Les 60 voix favorables des élus de Chega, deuxième parti politique à l'Assemblée portugaise, qui en compte 230, n'ont pas suffit à faire adopter le texte qui appelait à "la fin d'un gouvernement sans autorité".
Le rejet du texte était acquis depuis que le Parti socialiste, deuxième force d'opposition, avait annoncé son intention de s'abstenir lors du vote réalisé en début de soirée, après plus de trois heures de débats.
"Nous en sommes arrivés là à cause de l'attitude du ministre" de l'Intérieur Luis Neves, qui se comporte en "véritable shérif de la République", a déclaré le chef de file de l'extrême droite André Ventura.
"Pendant que certains réclament des élections, nous nous mettons en œuvre le programme du gouvernement", a rétorqué le Premier ministre Luis Montenegro, qui ne dispose au Parlement que d'une majorité relative.
Longuement auditionné au Parlement avant le débat de la motion de censure, Luis Neves a réaffirmé son intention de rester au poste de ministre de l'Intérieur en dépit du tollé provoqué par les révélations surgies au cours des dernières semaines sur la façon dont il a exercé ses précédentes fonctions de directeur national de la police judiciaire.
Le responsable de 60 ans est notamment mis en cause pour s'être fait construire une piscine illégale dans une résidence secondaire et d'avoir embauché pour cela un constructeur qui avait travaillé pour la police.
Ce même constructeur s'est vu confier des produits chimiques saisis lors du démantèlement d'un laboratoire de production de cocaïne.
M. Neves est encore critiqué pour avoir omis de déclarer ses revenus pendant plusieurs années et de s'être attribué pour son usage personnel une voiture saisie par les autorités à un trafiquant de drogue.
Le Premier ministre a évité de commenter ces agissements, préférant louer la gestion "exemplaire" des dossiers confiés à son ministre de l'Intérieur.