Royaume-UniLe Brexit s'invite dans la crise politique au Labour

AFP
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a affirmé lundi ne pas vouloir se laisser entraîner dans un débat sur le Brexit, relancé en pleine crise politique au sein du Labour par l'un de ses rivaux, qui a appelé à un retour du Royaume-Uni dans l'Union européenne.
(COMBO) This combination of pictures created on May 14, 2026 shows (FILES) Britain's Prime Minister Keir Starmer delivers his keynote address to delegates on the third day of the annual Labour Party conference in Liverpool, north-west England, on September 30, 2025. (FILES) Britain's Health Secretary Wes Streeting delivers a speech on the third day of the annual Labour Party conference in Liverpool, north-west England, on September 30, 2025. Wes Streeting announced May 14, 2026, that he has resigned as Britain's health minister, paving the way for a potential leadership challenge against embattled Prime Minister Keir Starmer.
(COMBO) This combination of pictures created on May 14, 2026 shows (FILES) Britain's Prime Minister Keir Starmer delivers his keynote address to delegates on the third day of the annual Labour Party conference in Liverpool, north-west England, on September 30, 2025. (FILES) Britain's Health Secretary Wes Streeting delivers a speech on the third day of the annual Labour Party conference in Liverpool, north-west England, on September 30, 2025. Wes Streeting announced May 14, 2026, that he has resigned as Britain's health minister, paving the way for a potential leadership challenge against embattled Prime Minister Keir Starmer.
© AFP/Archives

Près de dix ans après le référendum sur le Brexit, qui a déchiré le pays, l'avenir des relations avec l'UE est toujours un sujet miné au Royaume-Uni. Et d'autant plus depuis la montée du parti anti-immigration Reform UK, mené par l'ex-figure du Brexit Nigel Farage.

Le gouvernement travailliste de Keir Starmer est arrivé au pouvoir en 2024 en défendant un rapprochement avec l'UE, mais en fixant plusieurs lignes rouges: pas de retour au marché unique, à l'union douanière ou à la liberté de mouvement.

Mais alors que le Premier ministre est très affaibli après la défaite électorale du Labour aux élections locales du 7 mai et qu'une course à sa succession se prépare, l'un de ses concurrents potentiels, l'ex-ministre de la Santé Wes Streeting, a remis le sujet sur le tapis.

"Nous avons besoin d'une nouvelle relation spéciale avec l'UE, parce que l'avenir du Royaume-Uni se trouve en Europe, et un jour, au sein de l'Union européenne", a-t-il dit samedi lors d'une conférence à Londres, ajoutant que le Brexit avait été "une erreur catastrophique".

Keir Starmer, qui selon les médias britanniques a passé le week-end dans sa résidence de campagne officielle de Chequers pour réfléchir à son avenir, a répondu lundi qu'il ne voulait "pas (se) perdre dans des débats sur ce qui pourrait se passer" à l'avenir.

"Je reste concentré sur le travail que je fais, qui consiste à nous rapprocher de l'UE", au bénéfice de l'économie et des entreprises britanniques, a-t-il insisté lors d'un déplacement dans le nord de Londres.

Mais les déclarations de son ex-ministre, qui a démissionné jeudi du gouvernement, ont enflammé la classe politique et les médias britanniques.

Le quotidien conservateur eurosceptique Daily Telegraph et le tabloïd Daily Mail ont fustigé une "trahison", tandis que la cheffe de l'opposition conservatrice Kemi Badenoch a estimé dimanche que rouvrir ce débat était "le signe que le parti travailliste n'a pas de projet pour le pays".

"Labour contre Reform"

Cette sortie de Wes Streeting est surtout perçue comme une tentative d'embarrasser un autre rival de Keir Starmer, le maire du Grand Manchester Andy Burnham, pro-européen.

Ce dernier se prépare à une difficile élection pour revenir au Parlement, dans une circonscription qui avait largement soutenu la sortie de l'UE en 2016 et où Reform UK sera son principal adversaire.

Il lui faut absolument gagner s'il veut concourir pour prendre la tête du Labour et entrer à Downing Street.

Ses alliés ont dénoncé une tentative de sabotage de leur champion, personnalité politique préférée des Britanniques, et dont la candidature doit encore être officialisée par le Labour.

Nigel Farage s'est engouffré dans le débat, affirmant que la position d'Andy Burnham sur le Brexit "soulève de sérieuses questions", car elle revient à "prôner le retour au sein d'un projet européen fondé sur la libre circulation de 500 millions de personnes", a-t-il déclaré au Daily Express.

Après avoir assuré durant le week-end ne pas vouloir faire du retour dans l'UE un sujet de cette élection partielle, Andy Burnham a encore dit lundi que "la dernière chose à faire maintenant est de rouvrir ce débat".

Il a reçu le soutien de Keir Starmer pour cette campagne à venir. "C'est le Labour contre Reform" et "quel que soit (le candidat du Parti travailliste), je le soutiendrai à 100%", a déclaré le chef du gouvernement lundi matin.

Le Royaume-Uni et l'UE doivent tenir leur deuxième sommet bilatéral cet été, après celui de mai 2025 qui avait abouti à un accord pour une collaboration plus étroite en matière de défense et de sécurité, et un allègement des contraintes sur le commerce de denrées alimentaires.

Londres va aussi réintégrer en 2027 le programme d'échanges universitaires Erasmus.

A Bruxelles, on suit avec prudence le débat sur le Brexit outre-Manche. Une porte-parole de la Commission européenne a affirmé lundi que "plutôt que de spéculer" sur un retour du Royaume-Uni dans l'UE, la Commission privilégie une "approche très concrète" sur des domaines précis de coopération.

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