Chaos à WashingtonLe bilan passe à quatre morts, Biden confirmé président des USA

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Des centaines de manifestants favorables au président Donald Trump ont envahi mercredi le Capitole à Washington dans un climat insurrectionnel, interrompant la session du Congrès qui devait confirmer la victoire de Joe Biden.
La police du Capitole dégaine les armes face à des manifestants qui ont vandalisé la porte de la Chambre pendant une session du Congrès le 6 janvier 2021
La police du Capitole dégaine les armes face à des manifestants qui ont vandalisé la porte de la Chambre pendant une session du Congrès le 6 janvier 2021
© AFP

Quatre personnes sont décédées mercredi soir à Washington, après les violences perpétrées par les partisans de Donald Trump. L’une est une femme touchée par balle par la police dans le Capitole. Les trois autres - une femme et deux hommes - sont mortes “d’urgence médicale distincte”. Les causes de leurs morts ne pourront pas être établies avant leur examen par un médecin légiste. La police a également procédé à 52 interpellations mercredi, dont 26 dans l’enceinte du Capitole.

Le Congrès a certifié l’élection de Joe Biden à la Maison Blanche. Au milieu de la nuit, et après le rejet d’objections émises par des élus républicains, le vice-président Mike Pence a confirmé jeudi la victoire du démocrate, avec 306 grands électeurs contre 232 pour le président sortant, devant les deux chambres réunies pour une session extraordinaire.

Donald Trump a admis que sa présidence touchait à sa fin et a promis une “transition ordonnée”. “Même si je suis en complet désaccord avec le résultat de l’élection, et les faits me soutiennent, il y aura une transition ordonnée le 20 janvier”, a-t-il écrit dans un communiqué. “Cela représente la fin de l’un des meilleurs premiers mandats présidentiels et ce n’est que le début de notre combat pour rendre sa grandeur à l’Amérique”, a ajouté le républicain.

RETOUR SUR UNE SOIREE CHAOTIQUE

Des policiers l’arme dégainée dans le cœur du Congrès des Etats-Unis, des élus protégés par des masques à gaz, des manifestants brisant des vitres: le Capitole à Washington a sombré mercredi dans un chaos dramatique et des violences inédites dans un lieu si solennel.

La situation a basculé quand des partisans de Donald Trump, brandissant des drapeaux bleus à son nom et portant les casquettes rouges de sa campagne électorale, ont envahi le bâtiment trônant sur la célèbre colline de la capitale fédérale.

Ils ont réussi à pénétrer jusque dans les hémicycles des deux chambres.

Des images du coup de force, prises à l’intérieur du Capitole, temple de la démocratie américaine, révélaient des scènes plutôt dignes d’un coup d’Etat.

A la tension s’est ajouté le tragique quand une femme, à l’identité pour l’heure inconnue, a été grièvement blessée par balle dans des circonstances peu claires. Elle est décédée peu après.

Une bonne part des manifestants semblaient toutefois relativement pacifiques.

La plupart des gens ici sont prêts à prendre une balle pour défendre nos libertés. Moi oui”, affirme Bob Cox, un partisan de Donald Trump de 56 ans, un drapeau bleu “Trump 2020" drapé autour de ses épaules.

Une photo virale montre des agents de la police du Capitole en civil pointant leurs armes en direction d’une porte dont la vitre est brisée pour tenter d’empêcher quiconque d’entrer. Ils s’abritent derrière un banc placé en travers de la porte.

Torse nu et coiffé d’un casque de viking à cornes, un manifestant pose le poing levé à la tribune de la Chambre des représentant. Un autre force le bureau de la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, et se fait immortaliser les pieds sur sa table de travail. Un troisième pose tout sourire emportant un pupitre de l’hémicycle.

Un manifestant force le bureau de la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, et se fait immortaliser les pieds sur sa table de travail
Un manifestant force le bureau de la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, et se fait immortaliser les pieds sur sa table de travail
© AFP

Des élus publient des selfies pendant leur évacuation. Ils ont le visage protégé par un masque à gaz car les forces de l’ordre, renforcées progressivement au cours de la journée, tentent d’évacuer le bâtiment à coup de gaz lacrymogènes.

Mais les manifestants pénètrent dans le Capitole plus vite que les élus et leurs assistants ne parviennent pas à les en sortir.

J’étais près de la porte. ils nous ont gazés”, raconte un manifestant. “Vous vous rendez compte, ils nous ont gazés!”.

Donald Trump avait prévenu qu’il tenterait d’empêcher le Congrès de certifier officiellement mercredi la victoire électorale de Joe Biden, qui doit prendre ses fonctions le 20 janvier.

Mais il n’avait aucun moyen légal de le faire. Il a bien essayé de menacer le vice-président Mike Pence, qui présidait la séance mais dont le rôle était strictement protocolaire. Mais M. Pence a refusé, s’abritant derrière les “contraintes” de la Constitution.

Dénonçant des élections “truquées”, M. Trump a donc appelé ses partisans, qu’il avait réunis à Washington le jour même de la confirmation par le Congrès, à manifester au Capitole.

PAS DE REGRETS

Donald Trump avait promis à ses partisans que la journée de mercredi serait “folle”. Elle l’a été.

Après plusieurs heures de chaos, Donald Trump a diffusé une courte vidéo sur Twitter où il a appelé les manifestants à “rentrer à la maison”, sans exprimer le moindre regret ni condamner les violences et les dégradations.

On vous aime. Vous êtes uniques”, les a-t-il congratulés.

En fin d’après-midi, les forces de sécurité avaient repris le contrôle du Capitole mais la situation restait tendue. Un couvre-feu est entré en vigueur dans la ville à 18H00 locales (23H00 GMT).

Une cinquantaine de pro-Trump ont attaqué des journalistes regroupés dans une zone protégée par des barrières métalliques pour filmer les évènements à l’extérieur du Congrès, renversant plusieurs caméras en criant “les informations, c’est nous maintenant”.

Venu tout droit de l’Oklahoma pour soutenir Donald Trump, Jordan Shackleford, 25 ans, reste convaincu que les manifestants étaient dans leur droit.

Ils ont truqué les élections”, a-t-il déclaré, répétant les théories du complot avancées depuis deux mois par le président républicain qui refuse toujours d’accepter sa défaite deux mois après l’élection.

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