
La population manifeste contre le 5e mandat que brigue le président Abdelaziz Bouteflika, en notant qu’elles ont sérieusement rétréci la marge de manoeuvre du chef de l’Etat. “Un peuple fabuleux!”, s’enthousiasme en Une El Watan qui consacre 12 pages au 3e vendredi consécutif de contestation, marqué par une mobilisation gigantesque à travers le pays.
Pour Liberté, autre quotidien francophone qui titre en une “Le Printemps d’Algérie” auquel il consacre 10 pages, il a flotté sur Alger vendredi “comme un jour d’indépendance”.
Hospitalisé en Suisse depuis plus de 12 jours, officiellement pour des “examens médicaux”, M. Bouteflika “refuse ou fait mine de ne pas entendre le peuple qui se révolte comme un seul homme et lui demande de s’en aller”, déplore le journal.
Le président algérien a perdu cette semaine le soutien des trois principales associations d’anciens combattants de la guerre d’indépendance. L’Organisation nationale des Enfants de Chouhada (combattants de la guerre d’indépendance tués au combat) annonce ainsi le soutien de ses membres “au mouvement populaire contre le cinquième mandat”. L’Organisation nationale des Moudjahidines (ONM, qui regroupe les anciens combattants de la guerre d’indépendance), autre traditionnel soutien d’Abdelaziz Bouteflika, a apporté un appui inattendu à la contestation en dénonçant, dans un communiqué, des institutions qui ne sont “pas à la hauteur des aspirations du peuple”.
L’association des anciens du MALG (service de renseignement de l’Armée nationale de Libération durant la guerre d’indépendance) a également retiré son soutien à la candidature du président de la République algérienne.
Autre signe relativement clair pour les observateurs, les déclarations du chef d’état-major de l’armée algérienne, le général Ahmed Gaïd Salah. Celui qui est aussi vice-ministre de la Défense a souligné la “solidité” des “liens nobles et sincères” de l’armée avec le peuple. A aucun moment le général n’a évoqué la candidature du président, dont il est pourtant un fidèle.
Les divisions dans différents milieux d’affaires se multiplient: “Les premières fissures, écrit Le Figaro, ont commencé à apparaître dans les milieux d’affaires, au Forum des chefs d’entreprise (FCE), ce puissant syndicat patronal dirigé par Ali Haddad”, réputé proche du clan Bouteflika.
“Plusieurs démissions de figures importantes de l’organisation ont été suivies d’un communiqué signé par onze chefs d’entreprise (mais pas Ali Haddad) expliquant que le FCE originel ne peut rester sourd à l’expression populaire à laquelle il adhère complètement”, souligne le journal français.