
Plus de 57 ans après le célèbre cliché du lever de Terre d’Apollo 8 qui avait bouleversé notre vision du monde, les Américains Reid Wiseman, Christina Koch et Victor Glover et le Canadien Jeremy Hansen nous ont offert une nouvelle vue inédite de la planète bleue.
“Je me suis surprise à remarquer non seulement la beauté de la Terre, mais aussi toute cette obscurité qui l’entourait, et à quel point cela la rendait encore plus extraordinaire”, a rapporté mardi Christina Koch, première femme de l’Histoire à survoler la Lune lors d’un appel inédit avec la Station spatiale internationale (ISS).
Collés aux hublots pendant près de sept heures, les quatre astronautes ont bénéficié lundi d’une perspective inédite pour observer la Lune, plus élevée (6.500 km) que la vue de leurs prédécesseurs d’Apollo à une centaine de km, mais aussi la Terre.
L’équipage, également composé du premier astronaute noir et du premier non-Américain à voler autour de la Lune, s’est en effet aventuré plus loin dans l’espace qu’aucun autre avant lui, à 406.771 km de la Terre.
De là, la vue de notre planète devait être “absolument saisissante”, relève auprès de l’AFP Jenni Gibbons, qui assurait les communications avec l’équipage.

Parmi les clichés d’une rare beauté publiées par la Nasa mardi, celui saisissant de la Terre se détachant de la vaste obscurité de l’espace, avec au premier plan l’horizon désolé de la Lune.
Un coucher de Terre qui fait écho au légendaire “Lever de Terre” immortalisé en 1968 par l’Américain Bill Anders de la mission Apollo 8 lors du premier survol de la Lune par des humains.
“C’est un jour historique, et je sais à quel point vous serez occupés, mais n’oubliez pas de profiter de la vue”, leur avait lancé au réveil Jim Lovell, autre pionnier d’Apollo 8, dans un message enregistré avant son décès en 2025.

Ces photos ne sont que les “premières d’une longue série d’images incroyables de la Lune, et nous continuerons à les publier au fur et à mesure qu’elles seront disponibles”, a indiqué le chef de la Nasa Jared Isaacman lors d’une conférence de presse.

Tout comme les nombreuses observations orales et annotations réalisées par l’équipage, notamment en matière de flashs de lumière à la surface lunaire, ces images pourraient nous aider à en apprendre plus sur la géologie et l’histoire de la Lune, espère la Nasa.
“Ce que vous avez accompli hier a vraiment fait la différence sur le plan scientifique”, a assuré mardi à l’équipage Kelsey Young, responsable scientifique de la mission.
Les astronautes ont pu voir des régions de la Lune qui n’avaient jamais été observées directement par l’Homme auparavant et ont assisté à une éclipse du Soleil derrière la Lune digne de “science-fiction”, selon le pilote Victor Glover. “C’est tout simplement irréel”.
Pour Bruce Betts, scientifique en chef de la Planetary Society, ce qui ressort de ce vol autour de la Lune, le premier en plus d’un demi-siècle, tient toutefois davantage à l’humain qu’à la science.
“Si l’on décide d’explorer avec des hommes et des femmes, en assumant les risques, les dangers et les coûts que cela engendre, c’est parce que les humains s’identifient à leurs semblables, et que l’humain a ce don d’inspirer l’autre”, relève-t-il auprès de l’AFP.

Artémis II, espère ainsi “inspirer des générations entières qui n’ont pas connu Apollo”, explique-t-il.
Partagées par la Maison Blanche, les images de cette mission ont également été célébrées comme la preuve du renouveau du programme spatial habité américain.
“Vous avez rendu l’Amérique incroyablement fière” a lancé lundi soir le président américain Donald Trump aux astronautes lors d’un appel.
Désormais en route pour la Terre, ces derniers amerriront vendredi soir au large de la Californie.
Si une prochaine mission prévue l’an prochain se déroule bien, la Nasa espère faire alunir des astronautes en 2028.