
Une réunion marathon des Etats membres de l’UE pour trouver une réponse économique commune face au coronavirus s’est achevée mercredi sur un échec, La Haye notamment refusant de céder aux demandes des pays du sud, une attitude dénoncée par Jean-Claude Juncker dans les colonnes de Libération.
“Bloquer son usage parce qu’on tient obstinément, idéologiquement, religieusement à la mise en place d’une conditionnalité sévère est irresponsable”, a déclaré Jean-Claude Juncker dans cet entretien. “Il faut utiliser le budget européen comme un instrument de solidarité réactif” ajoute le Luxembourgeois.
Les pays les plus affectés par le virus, en particulier l’Italie, réclament un instrument pour relancer l’économie qui puisse être financé par de la dette commune, sous la forme d’euro-obligations parfois appelées “coronabonds”. Parmi ces pays figurent aussi la France, l’Espagne ainsi que la Grèce, Malte, l’Irlande et le Luxembourg selon des sources concordantes.
Or la mutualisation des dettes constitue une ligne rouge pour Berlin et La Haye, qui refusent de s’engager avec des Etats très endettés du sud, jugés laxistes dans leur gestion. Pour Jean-Claude Juncker, “il ne s’agit pas de mutualiser les dettes nationales du passé, [...] mais de mutualiser la dette qui naîtra de la mise en place des moyens budgétaires nécessaires pour répondre à la crise du coronavirus.”
L’échec des ministres mercredi suit celui d’un Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement le 26 mars, qui avait vu s’affronter pays du nord et du sud sur la réponse économique à apporter face à la récession annoncée. Un nouvel échec pèserait lourdement sur l’unité de la zone euro et renverrait la balle aux chefs d’Etat et de gouvernement.
De quoi désespérer de l’Europe pour Jean-Claude Juncker “Si l’on devait espérer de l’Europe, il y a longtemps que j’aurais perdu tout espoir! Ce qui fait que je ne me fais jamais trop d’illusions à son sujet.”