Incroyable mais vraiJugée à 96 ans, une ex-secrétaire d'un camp nazi prend la fuite

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Improbable mais vrai: une nonagénaire accusée d'avoir été associée aux horreurs du régime nazi a pris la fuite avant son procès.
© JOHN MACDOUGALL / AFP

Une ex-secrétaire d’un camp de concentration nazi aujourd’hui âgée de 96 ans a pris la fuite avant l’ouverture de son procès jeudi en Allemagne, suscitant la consternation dans le tribunal où elle doit répondre de complicité de meurtre dans plus de 10.000 cas.

“L’accusée est en fuite (...) Un mandat d’arrêt a été émis”, a sobrement annoncé le président de la Cour près de vingt minutes après l’ouverture prévue de la première audience ce jeudi à Itzehoe, dans le nord de l’Allemagne.

“Elle a quitté son foyer (pour personnes âgées) ce matin. Elle a pris un taxi”, a précisé une porte-parole du tribunal d’Itzehoe, Frederike Milhoffer.

Son avocat, Wolf Molkentin, était en revanche présent dans le prétoire mais il n’a fait aucune déclaration aux journalistes.

Jusqu’ici les quatre anciens gardes ou employés de camps nazis qui ont été condamnés depuis dix ans en Allemagne s’étaient tous assis dans le box des accusés.

QUE LUI EST-IL REPROCHÉ?

Seule femme impliquée dans le nazisme à être jugée depuis des décennies en Allemagne, Irmgard Furchner ne s’est pas exprimée sur les faits qui lui sont reprochés avant l’ouverture du procès.

Irmgard Furchner, qui vit dans une résidence pour personnes âgées près de Hambourg, doit être jugée par une Cour spéciale pour jeunes pour “complicité de meurtre dans plus de 10.000 cas”, selon le Parquet.

L’accusation lui reproche d’avoir participé au meurtre de détenus dans le camp de concentration de Stutthof, dans la Pologne actuelle, où elle travaillait comme dactylographe et secrétaire du commandant du camp, Paul Werner Hoppe, entre juin 1943 et avril 1945.

Dans ce camp proche de la ville de Gdansk où périrent 65.000 personnes, “des détenus juifs, des partisans polonais et des prisonniers de guerre soviétiques” ont été systématiquement assassinés, selon le Parquet.

Selon l’avocat Christoph Rückel, qui représente depuis des années des survivants de la Shoah, “elle a tenu l’ensemble de la correspondance du commandant du camp”. “Elle a aussi tapé à la machine les ordres d’exécution et de déportation et apposé ses initiales”, a-t-il assuré sur la chaîne régionale publique NDR.

A l’issue d’une longue procédure, la justice avait estimé en février que la nonagénaire était apte à comparaître malgré son grand âge.

Les auditions, prévues pour s’étaler jusqu’en juin 2022, devraient se limiter à quelques heures par journée d’audience.

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