
Le patron de l’exécutif bruxellois a fait un bilan globalement positif devant la presse de sa présidence de la Commission européenne, qui s’achèvera fin octobre, soulignant en particulier la relance des investissements et la baisse du chômage dans l’UE depuis 2014.
Il a toutefois reconnu deux “erreurs”, dont sa décision de ne pas intervenir lors des débats enflammés qui ont marqué la campagne du référendum au Royaume-Uni en 2016, qui a mené à la décision du Brexit.
“J’ai écouté le gouvernement britannique, j’ai écouté M. Cameron (David Cameron était alors le Premier ministre conservateur britannique, ndlr) parce ce qu’il m’avait dit de ne pas intervenir dans la campagne du Brexit”, a dit M. Juncker.
Le responsable européen regrette aujourd’hui ce choix, car “nous aurions été les seuls à contredire les mensonges proférés” lors de cette campagne, qui s’est soldée par une victoire des partisans du divorce.
L’autre erreur reconnue mardi par M. Juncker concerne le scandale des Luxleaks, cette affaire qui a mis au jour les accords passés au Luxembourg par les entreprises avec l’administration du pays pour payer moins d’impôts.
“J’ai attendu trop longtemps avant de réagir, ce fut une grave erreur, j’ai trop tardé à répondre”, a estimé le président de la Commission, qui a été Premier ministre du Luxembourg entre 1995 et 2013. Cette affaire avait éclaté en novembre 2014 grâce aux révélations de lanceurs d’alerte, qui ont ensuite subi des poursuites judiciaires.
Pendant les cinq années de son mandat, le Luxembourgeois s’est réjoui d’avoir vu une relance des investissements et une baisse du chômage. “Nous avons en Europe de meilleurs droits sociaux, une meilleure protection des consommateurs et des données personnelles en ligne”, a-t-il aussi souligné.
M. Juncker s’est également félicité d’avoir résisté aux “pressions” et “réussi à maintenir la Grèce dans la zone euro” en juillet 2015.
À trois semaines du scrutin européen, M. Juncker a appelé les électeurs à se demander “quel sera le visage de l’Europe demain si tout le monde vote pour des extrêmes”. “Nous devons lutter contre les populistes, contre les extrémistes pas avec des mots mais avec des actions”, a-t-il plaidé.