
Ce n’est pas une science exacte à laquelle vont s’adonner les nombreux pays concernés par l’épidémie de coronavirus. Entre nécessité de retrouver “une vie normale”, relance de l’économie et crainte d’une deuxième vague de l’épidémie, tous vont devoir trouver la formule adéquate pour acter le déconfinement de leur population. Faisons un tour du globe des stratégies de fin de confinement.
Emmanuel Macron a donné le ton lundi 13 avril: le retour à la “normale” débutera le lundi 11 mai. La date n’est pas figée mais c’est l’objectif affiché. On atteindra alors les huit semaines de confinement.
Les élèves de maternelle, de primaire et du second degré retourneront sur les bancs de l’école. L’année universitaire, en revanche, ne reprendra pas dans les amphithéâtres. Les personnes vulnérablesresteront confinées après cette date et l’usage du masque pourra être généralisé. Le gouvernement doit encore détailler son plan à ce sujet.
En ce qui concerne la vie active, le but du gouvernement est simple: relancer l’économie, les usines, les chantiers... Mais ne pas rouvrir immédiatement les lieux publics comme les cafés, restaurants et les lieux de culture. Il en ira de même pour les grands festivals et autres rassemblements jusque mi-juillet. Presque paradoxal, s’insurgeront certains, alors que des dizaines d’enfants se côtoieront chaque jour en classe.

Au plat pays, le gouvernement devrait décider aujourd’hui du prolongement du confinement jusqu’au 3 mai. D’ici là, il devra développer une stratégie de relance. Un groupe d’experts mandaté pour penser le déconfinement belge a présenté ce mardi un document devant servir de base de réflexion. Une reprise progressive serait plébiscitée par les spécialistes afin de relancer une partie de l’économie. Le Conseil national de sécurité de ce mercredi devrait nous en apprendre davantage.
Après deux semaines de pause économique, les Espagnols ont repris le chemin du travail cette semaine. Les secteurs de l’industrie et de la construction ont notamment redémarré, avec la distribution d’environ dix millions de masques par les autorités.
En parallèle de ce redémarrage, le confinement reste maintenu au moins jusqu’au 25 avril, avec des limitations toujours importantes concernant les déplacements et un télétravail toujours de rigueur. Le chef du gouvernement Pedro Sanchez a déjà averti dimanche les Espagnols qu’ils étaient encore “loin de la victoire” contre le Covid-19 et du jour où ils pourraient reprendre une vie normale.

Certains commerces ont pu rouvrir mardi (papeteries, magasins d’habillement pour enfants, librairies ainsi que l’industrie du bois) mais le confinement durera jusque début mai.
Le gouvernement italien planche toujours sur un plan de déconfinement détaillé. Certes, la pression est moins forte dans les hôpitaux, mais elle est toujours là: plus de 20.000 personnes sont décédées après avoir contracté le coronavirus et plus de 1.000 nouveaux cas positifs sont détectés chaque jour.

Les petits commerces non-essentiels ont rouvert mardi en Autriche, marquant un retour progressif à l’ouverture, le tout mêlé à une grande méfiance. Se couvrir le nez et la bouche est obligatoire dans les commerces et les transports en commun (qui circulent en service réduit) et nombreux sont les clients à faire la queue à l’écart des autres, à l’extérieur des magasins. Ecoles, cafés et restaurants restent fermés jusqu’à la mi-mai au moins. C’est “le premier pas vers une nouvelle forme de normalité”, a constaté mardi le chancelier Sebastian Kurz. S’il est en avance sur ses voisins, le pays ne fait pas office d’exception et sait qu’il ne peut pas redémarrer trop vite.

À New York, capitale économique du pays, la crise se conjugue au passé et au présent: “le pire est passé si nous continuons à être intelligents” a relevé le gouverneur Andre Cuomo. “Si nous faisons quelque chose de stupide, vous verrez ces chiffres remonter dès demain”, a-t-il prévenu.
“Nous sommes très proches d’avoir développé un plan de sortie, peut-être même avec de l’avance sur nos prévisions... Nous aurons bientôt une liste de règles pour aider les gouverneurs à rouvrir leur Etat en toute sécurité” a indiqué Donald Trump lors d’une conférence de presse lundi. Le président a longtemps martelé vouloir à tout prix défendre l’économie américaine, quitte à combattre moins fortement que nécessaire l’épidémie, le “remède ne devant pas être pire que la maladie” a-t-il répété lors de multiples prises de parole.
À l’échelle des Etats-Unis, où la pandémie fait encore plus de 1.500 morts par jour pour près de 24.000 décès au total, la décision de “rouvrir” l’économie sera “la plus importante de ma vie”, a reconnu Donald Trump. Son conseiller scientifique Anthony Fauci a estimé que l‘économie pourrait redémarrer graduellement en mai.
Wuhan, a démarré son déconfinement le 25 mars, levant sous certaines conditions des restrictions de déplacement.
Le bouclage de Wuhan, où le nouveau coronavirus a surgi en décembre, a été levé le 8 avril, mais la mairie a replacé en confinement 70 quartiers résidentiels sur 7.000, après la découverte de porteurs “asymptomatiques”.
À Wuhan comme dans le Hubei, les habitants doivent produire sur leur téléphone portable un code QR vert prouvant qu’ils sont en bonne santé.