
Au Luxembourg, le dernier bilan fait état de 1453 personnes infectées et neuf morts. C’est beaucoup pour un petit pays comme le Grand-Duché. Mais ici on teste énormément et tous les décès sont comptabilisés: à l’hôpital, en maison de retraite et à domicile. C’est loin d’être le cas partout.
Ce jeudi à la mi-journée, la pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 21.873 morts dans le monde. Plus de 481.300 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 182 pays et territoires depuis le début de l’épidémie. Ce nombre de cas diagnostiqués ne reflète toutefois qu’une fraction du nombre réel de contaminations, un grand nombre de pays - comme la France - ne testent que les cas nécessitant une prise en charge hospitalière. Cela expliquerait ces bizarreries statistiques comme cette différence énorme avec l’Allemagne. Près de 40.000 cas recensés pour 229 morts. L’Hexagone compte 29.546 cas pour 1696 morts!

De nombreux spécialistes estiment que la méthode française de recensement minimise le nombre de morts. Le bilan est sans doute inférieur à la réalité puisqu’en maison de retraite ou à domicile, des personnes âgées succombent à l’épidémie. Un triste et complexe décompte pour l’instant exclu du bilan quotidien du gouvernement. Cela peut expliquer en partie le décalage avec d’autres pays.
En Italie, on réalise des dépistages post-mortem, mais ce n’est pas le cas en France, nous indique la Direction générale de la Santé. Concrètement, cela signifie que lorsqu’une personne non dépistée, en maison de retraite ou à domicile, décède, elle n’est pas comptabilisée.

Ce questionnement autour du décompte gagne également l’Italie. Des élus du Nord du pays expriment de plus en plus ouvertement leurs doutes sur le bilan des morts du Covid-19, redoutant que les chiffres officiels soient très sous-évalués.
Tout près de Bergame, ville italienne la plus durement touchée par cette pandémie, la commune de Nembro qui compte près de 12.000 habitants “a officiellement enregistré 31 décès attribués au Covid-19”, écrivent dans un article publié jeudi par le Corriere della Sera, Luca Foresti, un responsable médical local, et Claudio Cancelli, maire de cette municipalité.
“Quelque chose dans ce chiffre ne nous a pas convaincus et nous sommes allés voir les statistiques sur la moyenne des décès dans la commune pour les années précédentes pour la période janvier-mars”, poursuivent les deux hommes.
“Le nombre de décès dans des conditions normales aurait dû être environ 35, or, cette année nous en avons enregistré 158, c’est-à-dire 123 de plus que la moyenne et non 31, le nombre de décès officiellement attribué au coronavirus”, ajoutent les deux hommes, physiciens de formation.
Ils relèvent la même anomalie dans d’autres petites communes de la région, notamment Cernusco sul Naviglio, avec un nombre de décès “anormaux” de 6,1 fois supérieur à celui officiellement attribué au Covid-19.
Avec 7.503 morts et près de 75.000 cas, la péninsule reste le pays le plus cruellement frappé par la pandémie. Les chiffres officiels comprennent les décès dans les hôpitaux et dans les maisons de retraite. Par ailleurs, Roberto Burioni, un virologue très connu en Italie, a lui aussi estimé que le nombre de personnes contaminées “n’est vraiment pas fiable” car il ne prend pas en compte les cas asymptomatiques.

Des doutes existent également sur l’Iran. Et que dire de la Chine, pays de près de 1,4 milliard d’habitants et qui compte désormais moins de morts que l’Italie et l’Espagne?