Zelensky à ParisÉviter que l'Ukraine soit "éclipsée" par l'Iran

AFP
Le président français Emmanuel Macron (f) et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à l'occasion d'une conférence de presse, le 6 janvier 2026 à Paris
Le président français Emmanuel Macron (f) et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à l’occasion d’une conférence de presse, le 6 janvier 2026 à Paris
© POOL/AFP/Archives

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est arrivé à Paris vendredi pour des entretiens avec son homologue Emmanuel Macron sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, à un moment où la guerre au Moyen-Orient monopolise l’attention dans le monde.

Emmanuel Macron reçoit M. Zelensky pour “démontrer” que la guerre au Moyen-Orient “ne détournera” pas l’attention de l’Ukraine, et que la Russie “se trompe” si elle pense profiter de ce contexte géopolitique, a expliqué l’Elysée à des journalistes.

Cette 12e visite du président ukrainien en France depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, au lendemain d’une étape en Roumanie, vise à “éviter absolument” un “effet d’éclipse” lié au conflit déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, qui écrase l’actualité depuis le 28 février.

Le soutien de la France à Kiev “ne faiblira pas”, a assuré un conseiller du président français. Ceux qui, notamment “au Kremlin”, “pensent que la guerre en Iran ouvre une fenêtre d’opportunité pour eux”, “se trompent”.

Nouvelles négociations

La présidence russe a estimé jeudi que cette visite parisienne illustrait la volonté ukrainienne “d’entraver” un règlement pacifique du conflit, alors que les Etats-Unis ont proposé de nouvelles négociations entre Kiev et Moscou sous médiation américaine la semaine prochaine.

La seule entrave à la paix, aujourd’hui c’est la Russie”, a répondu la présidence française.

Volodymyr Zelensky est attendu à la mi-journée au palais présidentiel de l’Elysée pour un tête-à-tête suivi d’une conférence de presse avec son homologue puis un déjeuner de travail. Il doit aussi participer dans l’après-midi à un échange avec des étudiants à Sciences-Po.

Les deux dirigeants devraient mettre en avant “l’expertise à nulle autre pareille” développée par Kiev face aux drones iraniens utilisés par l’armée russe, “qui prend un nouveau relief” à l’aune des représailles de Téhéran contre de nombreuses cibles au Moyen-Orient, a fait valoir la présidence française.

Un militaire français a été tué et six autres blessés jeudi soir dans une attaque de drone dans la région d’Erbil au Kurdistan irakien, ont annoncé les autorités françaises.

Des spécialistes militaires ukrainiens se sont rendus dans plusieurs pays du Golfe dernièrement pour partager leur expérience en matière d’interception des drones de conception iranienne, et Volodymyr Zelensky a proposé “de développer tout cela en collaboration avec les pays européens”.

C’est “un mouvement qu’on salue et qu’on encourage”, a assuré l’Elysée.

Blocage

Sur l’aide à l’Ukraine, le principal sujet de discussion devrait être le prêt de 90 milliards d’euros promis par les dirigeants de l’Union européenne à Kiev en décembre.

Les premiers décaissements sont bloqués par la Hongrie qui réclame que l’Ukraine rouvre rapidement l’acheminement vers le sol hongrois de pétrole russe par l’oléoduc Droujba, endommagé selon les autorités ukrainiennes par une frappe de Moscou.

Volodymyr Zelensky a demandé dans un entretien à Politico que l’Europe mette au point “un plan B” si le blocage persiste de la part du Premier ministre hongrois Viktor Orban, proche de la Russie.

La question sera de nouveau sur la table des Vingt-Sept lors d’un sommet de l’UE la semaine prochaine à Bruxelles.

On préfère toujours le plan A aux plans B ou C”, a nuancé jeudi le conseiller d’Emmanuel Macron. Il faut “mettre en oeuvre” le plan de décembre afin de permettre “les premiers décaissements dans les prochaines semaines”, a-t-il martelé.

Le président français va aussi présenter à son homologue ukrainien les résultats de la visioconférence du G7, au cours de laquelle, selon lui, un “consensus” s’était dégagé mercredi, incluant Donald Trump, pour ne pas lever les sanctions sur le pétrole russe malgré le choc lié à la guerre au Moyen-Orient.

Mais jeudi le ministère américain des Finances a annoncé l’autorisation temporaire, jusqu’au 11 avril, de la vente du pétrole russe stocké sur des navires, alors que le baril de Brent, référence du marché mondial, s’échangeait toujours au-dessus des 100 dollars vendredi matin - seuil franchi jeudi pour la première fois depuis août 2022.

Les discussions entre les deux chefs d’Etat porteront également sur les besoins ukrainiens en armement.

Nous voulons obtenir les nouveaux (systèmes antimissiles franco-italiens) SAMP-T de nouvelle génération, le plus rapidement possible”, car “nous avons besoin de bons systèmes de défense aérienne”, a déclaré au quotidien Ouest-France le président Zelensly, qui demandera également à Emmanuel Macron “son soutien politique” pour “nous aider à obtenir des missiles (Patriot) supplémentaires” auprès des Etats qui en possèdent.

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