"Stop aux violences"Des milliers de personnes vont défiler pour les droits des femmes en France

AFP
"Stop aux violences", "du travail pour vivre, pas survivre", "notre corps nous appartient": des dizaines de milliers de personnes se préparent à manifester dimanche partout en France pour défendre les droits des femmes, menacés par la montée du conservatisme, selon les associations.
Une manifestante tient une pancarte sur laquelle on peut lire "Foutez-nous la paix" lors d'une marche marquant la Journée internationale des droits des femmes, à Toulouse, en Haute-Garonne, le 8 mars 2025
Une manifestante tient une pancarte sur laquelle on peut lire “Foutez-nous la paix” lors d’une marche marquant la Journée internationale des droits des femmes, à Toulouse, en Haute-Garonne, le 8 mars 2025
© AFP/Archives

Le 8 mars sera l’occasion de défendre “des valeurs qui nous sont fondamentales”, comme “la lutte pour l’émancipation des femmes” et “contre l’extrême droite, qui sème le racisme, la misogynie et l’homophobie”, a souligné lors d’une conférence de presse sur le déroulé de cette journée, Myriam Lebkiri de la CGT.

A Bordeaux, Lille, Marseille ou dans des villes plus petites comme Saint-Malo et Annemasse... Plus d’une centaine d’organisations, dont des associations féministes et syndicats, appellent à participer aux manifestations organisées dans 150 lieux en France, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes.

A Paris, le cortège partira à 14H00, dans le nord-est, de Stalingrad en direction de la place de la République.

La fondatrice du collectif identitaire Némésis, Alice Cordier (nom d'emprunt), le 31 janvier 2026 à Paris
La fondatrice du collectif identitaire Némésis, Alice Cordier (nom d’emprunt), le 31 janvier 2026 à Paris
© AFP/Archives

De son côté, le collectif d’extrême droite Némésis organisera son propre rassemblement dans l’ouest de la capitale. Une partie des organisateurs avaient demandé l’interdiction de sa présence dans la manifestation, l’accusant d’”instrumentaliser” le féminisme “à des fins racistes”.

Initiative symbolique, la devise détournée “liberté, égalité*, fraternité” sera projetée dans la soirée sur la Tour Eiffel, cet astérisque * symbolisant une égalité “sous conditions non consenties” pour les femmes.

Les associations membres du collectif Grève féministe, qui organise la mobilisation dimanche, cherchent à alerter sur le “danger” que représente l’extrême droite pour les droits des femmes, à l’approche des élections municipales, prévues les 15 et 22 mars.

Il suffit de voir ce qu’il se passe aux Etats-Unis, avec Donald Trump, c’est un laboratoire”, a pointé Anne Leclerc, membre du Collectif national pour les droits des femmes.

Depuis son retour l’an dernier à la Maison Blanche, le président américain a notamment pris une série de mesures contre l’avortement et démantelé des politiques de lutte contre la discrimination.

Revendications sociétales et économiques

En France, les associations s’inquiètent au sujet des droits liés à la sexualité (contraception, avortement): “nous sommes en alerte”, a indiqué Sarah Durocher, du Planning familial, qui observe “des difficultés d’accès à l’avortement sur le terrain”, liées à un “manque de moyens” et à la “fermeture de structures de proximité”.

Procès Pelicot, scandale des agressions dans le périscolaire à Paris, affaire Epstein... Les manifestants protesteront également dimanche contre les violences sexistes et sexuelles persistantes dans la société.

Pour lutter contre ce phénomène, les associations réclament un budget annuel de trois milliards d’euros ainsi qu’une loi-cadre intégrale qui comprenne des mesures de prévention, d’éducation, de protection, d’accompagnement des victimes et de sanction des agresseurs.

La ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, lors d'une réunion de campagne à Nantes, en Loire-Atlantique, le 14 janvier 2025
La ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, lors d’une réunion de campagne à Nantes, en Loire-Atlantique, le 14 janvier 2025
© AFP/Archives

Notre législation est incomplète et manque de fil conducteur”, a souligné Suzy Rojtman, du Collectif national pour les droits des femmes.

La ministre Aurore Bergé avait dévoilé en novembre les grandes lignes d’un projet de loi-cadre de lutte contre les violences comportant 53 mesures mais celui-ci pourrait ne pas voir le jour en raison d’un agenda parlementaire particulièrement resserré.

Les manifestants défendront également l’émancipation économiques des femmes, qui occupent des métiers moins rémunérateurs et exercent davantage à temps partiel.

Une manifestante tient une pancarte sur laquelle on peut lire
Une manifestante tient une pancarte sur laquelle on peut lire
© AFP/Archives

Ainsi, le salaire moyen des femmes dans le secteur privé était encore de 21,8% inférieur à celui des hommes en 2024, a récemment rapporté l’Insee.

L’écart de salaire net en équivalent temps plein “à emploi comparable” reste estimé par l’institut à 3,6%, à quelques mois de l’échéance pour transposer la directive européenne sur la transparence salariale.

L’an dernier, le collectif organisateur Grève féministe a revendiqué 120.000 participants à la marche parisienne et au total 250.000 en France. La préfecture de police avait comptabilisé 47.000 manifestants à Paris, soit près du double de l’année précédente.

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