Sea Breeze, King Salman Park... Des "méga-projets" immobiliers développés au Moyen-Orient, malgré la guerre

Gaël Arellano
Les investissements continuent à affluer au Moyen-Orient, malgré le conflit en cours. Au MIPIM 2026, plusieurs "méga-projets" ont attiré l'attention des investisseurs, et de la presse.
La “Tour Cipriani” modélisée par Agalarov Development sur la côte caspienne.
© Sea Breeze

Alors que la crise du logement fait rage dans de nombreux pays occidentaux, des “méga-projets” sont lancés aux quatre coins du Moyen-Orient. Et cela malgré la guerre en Iran. Mais le conflit ne semble pas refroidir les investisseurs puisque l’Arabie Saoudite a annoncé, dès le deuxième jour du MIPIM, des investissements à hauteur de 3,85 milliards de dollars. Cela dans le cadre d’un projet pharaonique au sein du “King Salman Park”.

© King Salman Park

D’autres pays de la région tels qu’Oman ou l’Azerbaïdjan ont présenté des projets très ambitieux également. Parmi eux, le projet Sea Breeze, développé sur la côte caspienne par Agalaravov Development. “Un des plus grands projets privés du monde”, affirme l’entreprise dirigée par Emin Agalarov. Et les plans semblent lui donner raison. Le projet s’étend sur des centaines d’hectares, prévoit la construction d’hôtels, d’un casino, de résidences de luxe et même d’un circuit de Formule 1.

L’ambition étant de faire de la zone un véritable centre d’intérêt et d’investissement. “Sea Breeze n’est pas seulement un projet immobilier, c’est un atout national et un moteur de valeur économique à long terme”, a déclaré l’ambassadrice d’Azerbaïdjan en France, Leyla Adbullayeva, lors du l’ouverture du pavillon au MIPIM 2026. Le développeur Emin Agalarov a ajouté: “Nous construisons pour le futur, pas pour aujourd’hui. C’est un projet qui s’étendra sur plusieurs décennies.

“Pas de ligne d’arrivée” pour Sea Breeze

Il nous a accordé une interview en marge du MIPIM lors de laquelle il nous a confirmé que le projet n’avait “pas de ligne d’arrivée”. Seuls les investissements limiteront ce qui pourra être développé sur la côte caspienne. “On peut créer des îles artificielles (et nous sommes en train de le faire)”, explique-t-il. Situé à une vingtaine de minutes de l’aéroport international de Bakou, le projet doit accueillir, à terme, 500.000 résidents.

Et pour qu’ils ne manquent rien, les infrastructures devront évidemment suivre. Une cinquantaine de restaurants, des magasins, des écoles et des crèches existent déjà sur site. “Un hôpital sera achevé dans les semaines à venir”, nous annonce-t-il. Et ça ne s’arrêtera pas là. En effet, 150 établissements relevant de l’hospitalité doivent également s’y installer.

Parmi les partenaires qui ont déjà adopté la vision d’Emin Agalarov, on retrouve des enseignes internationales telles que Marriott, Radisson, Nobu, IHG, Hyatt ou encore Hilton. “C’est une garantie de qualité, les touristes qui viendront sauront qu’ils peuvent compter sur un certain niveau de services”, précise l’entrepreneur.

Nous espérons attirer le Grand-Prix hors de la capitale”
Emin Agalarov

De nombreux autres projets sont prévus au sein de Sea Breeze. On retrouve notamment la “Cipriani Tower” qui doit devenir le bâtiment le plus haut du pays (323 mètres). La tour siègera sur une île artificielle en forme de demi-lune, préparée en ce moment même. Le “Caspian Dream Liner” fait également partie des projets démesurés prévus au sein du complexe, un bâtiment qui prendra la forme d’un navire de croisière.

Enfin, la “Fire Island” doit accueillir un circuit élaboré pour accueillir une course de Formule 1. “Nous espérons attirer le Grand-Prix hors de la capitale”, nous confie Emin. C’est dire l’ambition de l’homme d’affaires, fils du milliardaire et magnat de l’immobilier Aras Agalarov. Mais le projet n’a pas toujours été aussi ambitieux. Il a commencé en 2006 et se résumait à l’époque à du résidentiel en périphérie de la capitale.

Nous avons construit 3,5 millions de m2 ces derniers 20 ans. Nous comptons doubler cela dans les deux ans à venir”, affirme Emin qui a presque été pris de court par l’engouement que son projet a rencontré. “82% des acheteurs sont des locaux”, précise-t-il. C’est pour pouvoir répondre à la demande qu’il n’a pas présenté le projet à l’international jusqu’à maintenant. Les choses ont changé depuis.

“Nous avons construit 3,5 millions de m2 ces 20 dernières années. Nous espérons doubler ce chiffre dans les deux ans à venir.”
Emin Agalarov

Il a depuis scellé des partenariats avec des développeurs internationaux qui accélèrent évidemment le processus de construction. Et pour cause, Emin assure que ce qui a été présenté au MIPIM pourrait être achevé en 2026. “J’agis désormais plus en tant que maître développeur”, explique-t-il. De nombreux projets au sein de Sea Breeze sont désormais construits par ses ses partenaires.

Et les ventes continuent à exploser. L’année dernière, 5.300 unités ont été vendues avec un ticket moyen de 250.000 dollars. “Ça représente approximativement un milliard de dollars”, d’investissement souligne le chef d’entreprise. Certains achètent pour revendre par après alors que d’autres sont à la recherche de revenus passifs. Et toutes les installations à venir semblent indiquer que les unités prendront beaucoup de valeur dans un avenir relativement proche.

“On voit les effets de la guerre” en Iran

“Nous visons 8.000 ventes en 2026”, annonce Emin Agalarov. Et pour atteindre ce chiffre, l’entrepreneur compte présenter son projet à toutes les conventions internationales prévues cette année. Mais le conflit iranien pourrait venir gâcher la fête. Emin admet que c’est“une source d’inquiétude” pour lui.

L’Iran est un ‘loose canon'/incontrôlable. Personne n’est à l’abri d’un missile ou d’un drone”, continue-t-il avant d’ajouter “mais j’ose espérer que le conflit prendra fin aussi vite que possible”. En attendant, il va continuer à promouvoir Sea Breeze en espérant continuer dans le même élan que ces dernières années.

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