Sous-marin disparuDes "cognements" détectés, les recherches continuent

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Plusieurs équipes de chercheurs sont toujours lancées dans une course contre la montre pour secourir les passagers d'un sous-marin descendu dans les profondeurs de l'Atlantique pour visiter l'épave du Titanic.
Le sous-marin Titan photographié à la surface lors d'une mission.
Le sous-marin Titan photographié à la surface lors d’une mission.
© AFP

Mobilisation générale: les forces armées américaines, épaulées par le Canada et la France, espèrent sauver d’ici jeudi un Américain, un Français, un Britannique et deux Pakistanais, passagers d’un sous-marin de tourisme descendu visiter l’épave du Titanic par 4.000 mètres de fond dans l’Atlantique nord.

À la mi-journée mardi, les garde-côtes américains ont prévenu lors d’une conférence de presse à Boston (nord-est) qu’il restait “environ 40 heures d’air respirable” dans ce petit submersible et que les recherches “particulièrement complexes” lancées dimanche n’avaient pour l’instant “donné aucun résultat”.

Conçu pour emmener cinq personnes dans les abysses, long d’environ 6,5 mètres, le Titan a entamé sa descente dimanche au large de la côte nord-est américaine et le contact avec l’engin a été perdu moins de deux heures après son départ.

Des bruits ont été captés sous l’eau par des avions canadiens pendant les opérations de recherche. “Des avions P-3 canadiens ont détecté des bruits sous l’eau dans la zone de recherche. En conséquence, les opérations ROV (véhicule télécommandé, NDLR) ont été déplacées pour tenter d’explorer l’origine des bruits”, a annoncé le premier district des garde-côtes américains sur Twitter.

Les recherches par ROV “ont donné des résultats négatifs mais se poursuivent”, a-t-il ajouté.

Selon le magazine Rolling Stone, un avion P-8 canadien engagé dans les recherches “a entendu des bruits de coups dans ce secteur toutes les 30 minutes. Quatre heures plus tard, un sonar additionnel a été déployé et les cognements étaient encore entendus.”

Outre ces bruits de coups, “des signaux acoustiques supplémentaires ont été entendus et aideront à orienter les moyens de surface tout en maintenant l’espoir de retrouver des survivants”, a pour sa part affirmé la chaîne CNN, citant un document interne du gouvernement des Etats-Unis.

Plusieurs explorateurs et aventuriers à bord

Parmi les personnes à bord se trouve un richissime homme d’affaires britannique, Hamish Harding, 58 ans, qui avait annoncé sur Instagram sa participation à cette excursion scientifique de l’extrême, hors du commun et chargée d’histoire.

Le célébrissime naufrage du Titanic en 1912 est l’une des plus grandes catastrophes maritimes du XXe siècle.

M. Harding est connu pour avoir été aussi un touriste de l’espace à bord de l’engin Blue Origin du milliardaire et fondateur d’Amazon Jeff Bezos.

Photo diffusée par Dirty Dozen Productions de l'homme d'affaires britannique Hamish Harding, avant le début de la mission RMS Titanic, le 18 juin 2023.
Photo diffusée par Dirty Dozen Productions de l’homme d’affaires britannique Hamish Harding, avant le début de la mission RMS Titanic, le 18 juin 2023.
© AFP

Autre adepte des exploits de l’extrême, l’ancien plongeur et ex-officier de marine français Paul-Henri Nargeolet, 77 ans, spécialiste de l’épave du Titanic, est aussi du voyage, selon sa famille.

Également à bord pour cette plongée à 250.000 dollars la place, le magnat pakistanais Shahzada Dawood, 48 ans et vice-président du conglomérat Engro, embarqué avec son fils Suleman, 19 ans, selon la famille de cette grande fortune.

Mobiliser “toutes les options”

L’entreprise OceanGate Expeditions, organisatrice du voyage et dont le patron américain Stockton Rush est aussi à bord, a assuré “mobiliser toutes les options pour ramener l’équipage en toute sécurité”.

Les garde-côtes américains, corps des forces armées, ont d’abord dépêché deux avions C-130 dans la zone de recherches, à “environ 1.450 km à l’est de Cape Cod” (côte nord-est des États-Unis). Un troisième C-130 et trois autres avions de transport C-17 devaient être déployés mardi soir, a indiqué le Pentagone.

Un sous-marin visitant l'épave du Titanic disparu en mer.
Un sous-marin visitant l’épave du Titanic disparu en mer.
© AFP

Les garde-côtes canadiens ont aussi mobilisé un aéronef et un navire tandis que la France a annoncé que son Institut de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) dépêchait un bateau et son robot.

Le président américain Joe Biden souhaite que les garde-côtes poursuivent leurs recherches et la marine pourra être mobilisée si nécessaire, a assuré le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby.

Un hublot non conçu pour descendre à 4.000m?

Au moment où ces efforts montent en puissance, a émergé une ancienne plainte de 2018, vue également par l’AFP, montrant qu’un ancien dirigeant de l’entreprise OceanGate Expeditions, David Lochridge, avait été licencié après avoir émis de sérieux doutes sur la sûreté du sous-marin.

Selon l’ancien directeur des opérations marines, un hublot à l’avant du submersible a été conçu pour résister à la pression ressentie à 1.300 m de profondeur, et non à 4.000 m.

L’entreprise “a refusé de payer le fabricant pour qu’il construise un hublot conforme à la profondeur requise de 4.000 m”, selon lui.

Une expérience déroutante

Le scénariste américain Mike Reiss, producteur de la célèbre série “Les Simpson”, est déjà parti trois fois avec OceanGate Expeditions, dont une fois en 2022 à bord du même submersible que celui qui a disparu, a-t-il raconté lundi sur la BBC.

Une expérience totalement déroutante, car “on perd presque toujours la communication et on se retrouve à la merci des éléments et ce genre de trucs”.

D’après lui, chacun est parfaitement conscient des dangers encourus: “Il faut signer une décharge avant de monter et la mort est mentionnée à trois reprises en page une. Ce ne sont pas des vacances en autocar, ça peut mal tourner”.

Qu’a-t-il pu arriver au submersible?

Sans avoir étudié l’engin lui-même, Alistair Greig, professeur d’ingénierie marine au University College London, a évoqué deux théories possibles sur la base des images de l’appareil publiées par la presse.

Il estime que s’il a eu un problème d’électricité ou de communication, il pourrait être remonté à la surface, flottant “en attendant d’être retrouvé”.

“Un autre scénario est que la coque a été endommagée. Alors le pronostic n’est pas bon”, a-t-il estimé. Et “très peu de vaisseaux peuvent aller” à la profondeur à laquelle il pourrait avoir coulé, selon lui.

Parti de Southampton le 10 avril 1912 pour rejoindre New York, le Titanic, plus grand paquebot du monde au moment de sa mise à l’eau, a fait naufrage après avoir percuté un iceberg cinq jours plus tard. Sur les 2.224 passagers et membres de l’équipage, près de 1.500 ont péri.

L’épave a été découverte en 1985 à 650 kilomètres des côtes canadiennes dans les eaux internationales de l’océan Atlantique.

Depuis, entretenant le mythe, chercheurs de trésors et touristes lui rendent visite.

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