
Après un goutte-à-goutte de scrutins, les primaires démocrates prennent une toute autre ampleur mardi avec l’avalanche de votes du “Super Tuesday”, qui pourrait avoir un impact décisif sur la course pour désigner le rival du président républicain Donald Trump en novembre.
Grand favori, Bernie Sanders parviendra-t-il à prendre une avance pratiquement imparable? L’ancien vice-président Joe Biden fera-t-il assez bien pour s’installer en alternative modérée au sénateur indépendant? M. Biden devrait bénéficier du retrait surprise du trentenaire Pete Buttigieg. En perte de vitesse, les sénatrices Elizabeth Warren et Amy Klobuchar survivront-elles et quel sera l’impact de l’entrée en lice tant attendue du multi-milliardaire Michael Bloomberg?
Le suspense reste entier. Le prétendant démocrate à la Maison Blanche sera officiellement désigné lors d’une convention organisée, du 13 au 16 juillet, à Milwaukee dans l’Etat du Wisconsin.
Depuis la pointe nord-est des États-Unis jusqu’au milieu du Pacifique, les primaires démocrates organisées mardi couvrent un immense territoire: 14 États ainsi que les îles Samoa américaines et les électeurs démocrates vivant à l’étranger.
La Californie, Etat farouchement progressiste aux 40 millions d’habitants, pèsera de façon décisive. Le Texas (30 millions d’habitants) sera l’autre poids lourd de la journée.
Puisque les États du “Super Tuesday” reflètent la diversité sociale et économique des États-Unis, cela sera l’occasion pour les candidats de démontrer qu’ils peuvent séduire partout... ou au contraire de voir exposée au grand jour leur incapacité à convaincre des électeurs assez variés pour avoir une chance de remporter la Maison Blanche.
Avec un territoire si vaste et divers modes de scrutin, notamment par courrier, les résultats pourraient mettre du temps à arriver.

Plus encore que le nombre d’électeurs, c’est surtout le fait que plus d’un tiers des délégués seront distribués d’un coup qui fait de cette journée un moment clé dans le calendrier électoral américain. Car pour décrocher l’investiture démocrate, un candidat doit afficher une majorité absolue (1.991) de ces délégués, assignés proportionnellement aux scores engrangés dans chaque primaire. Or 1.357 délégués seront attribués lors du seul “Super Tuesday”. Par comparaison, seuls 155 ont été distribués jusqu’ici.
Bernie Sanders domine les sondages dans les deux États les plus riches en délégués: la Californie (415 délégués) et le Texas (228).
Il faut impérativement qu’un candidat fasse plus de 15% pour recevoir des délégués. Ce qui représente un danger potentiel pour les candidats modérés, qui se divisent les suffrages face à Bernie Sanders.

Après avoir déjà dépensé plus d’un demi-milliard de sa fortune personnelle pour financer ses publicités de campagne, l’ancien maire de New York va pour la première fois affronter le verdict des urnes.
Un premier débat raté et une deuxième performance peu convaincante ont fait baisser sa courbe dans les sondages mais il figure toujours en troisième place, derrière Bernie Sanders et Joe Biden.

Le jeune candidat modéré Pete Buttigieg a abandonné dimanche la course démocrate à la Maison Blanche, renforçant les chances de Joe Biden face au favori Bernie Sanders, plus à gauche.
“Notre objectif a toujours été d’aider à rassembler les Américains pour battre Donald Trump”, a déclaré Pete Buttigieg, premier candidat ouvertement homosexuel dans la course à la Maison Blanche.
Il n’a pas eu d’autre choix que de se retirer et “d’aider à rassembler” le parti a-t-il expliqué lors d’un discours ému dans sa ville de South Bend, dans l’Indiana, dont il a été maire.
Âgé de 38 ans, il s’était positionné comme un modéré, mettant en garde contre les excès de l’aile gauche du parti, incarnée par Bernie Sanders. Il l’avait remporté d’un cheveu face à lui dans l’Iowa et était arrivé deuxième dans le New Hampshire.
Le prétendant démocrate à la Maison Blanche sera officiellement désigné lors d’une convention organisée, du 13 au 16 juillet, à Milwaukee dans l’Etat du Wisconsin. Mais fait rare: avec une course aussi haletante, il est possible qu’aucun candidat n’arrive avec en poche la majorité absolue nécessaire pour gagner.
Le grand favori Bernie Sanders argue déjà que celui qui aura alors le plus de délégués devrait être désigné vainqueur. Mais il est seul, ses rivaux appelant à s’en tenir aux règles du parti démocrate.
Celles-ci énoncent que si personne n’obtient la majorité lors d’un premier tour, les délégués dit “assignés” deviennent libres de voter pour quelqu’un d’autre au deuxième tour.
Et quelque 770 “super-délégués”, des notables et élus du parti, entrent alors aussi en piste avec le pouvoir de faire basculer le scrutin. Du fait de son statut d’ancien vice-président, Joe Biden bénéficie de la double-casquette de “super-délégué” et de candidat.