Attentats du 13 novembre 2015Bérénice, fruit de l’amour de deux survivants du Bataclan

RTL Infos
Le 13 novembre 2015, 130 personnes sont tuées dont 90 dans la salle du Bataclan lors d’un attentat terroriste. De cet instant qui a bouleversé la vie de nombreuses victimes, deux survivants endeuillés, Floriane et Johannes se sont trouvés pour se reconstruire, ensemble.
© Impression écran Radio Canada

En 2015, Floriane Bernaudat, confiait à nos confrères de Radio Canada que le soir de l’attentat elle ne devait sa survie qu’au fait de s’être cachée dans les plafonds d’une loge d’artiste du Bataclan. Dans la panique, elle avait été séparée de Renaud, son fiancé et amour de jeunesse. Lui, il avait été tué par les terroristes.

En ce début de printemps 2019, quand ils sont retournés la voir, Floriane n’avait toujours pas pansé ses blessures. Juste après l’attentat, elle leur confie qu’elle s’est mise à éviter les foules et les transports en commun. Elle a suivi des thérapies, changé d’emploi et a déménagé.

Devenue membre d’une association d’entraide pour victimes, elle a commencé à partager avec d’autres sur son propre vécu. C’est par cet intermédiaire, sur les réseaux sociaux, qu’elle rencontre Johannes Baus.

J’ai vu un post de Floriane... ça m’a parlé en fait. Je me suis dit: “OK, elle est dans une situation similaire à la mienne.” Et je lui ai répondu.” comme le relate Johannes à Radio Canada ” On ne se l’explique toujours pas. C’est quelque chose qui arrive ou qui n’arrive pas “ confie-t-il.

Le soir du 13 novembre 2015, Johannes Baus et son épouse assistaient au même concert, au Bataclan. Si lui a survécu aux tirs des terroristes, Maud a, elle, été tuée.

Lentement, Floriane et Johannes ont bâti une relation et ont repris confiance en la vie. Ils se sont mariés en octobre 2017. Rapidement, la naissance de leur petite fille Bérénice est venue égayer leur nouveau départ.

BÉRÉNICE, VICTOIRE SUR LA VIE

C’était un peu ce qu’on n’avait pas réalisé de part et d’autre, avec Maud et Renaud, dit Floriane. C’était une façon de continuer à vivre pour eux. “Bérénice”, ça veut dire qui porte la victoire. C’est une victoire sur la vie, c’est une victoire sur ce qu’on a vécu aussi... d’être toujours là et de pouvoir continuer à se focaliser sur l’avenir.

Malgré ce bonheur retrouvé, ils déplorent un manque de compassion de la part du Fonds d’indemnisation pour les victimes d’actes terroristes. En effet, plus de trois ans et demi après le drame, le jeune couple de survivants n’a toujours pas été indemnisés. Ils ont l’impression que ça leur est refusé car ils ont réussi, d’une certaine façon, à se reconstruire.

Quand j’ai passé l’expertise, j’étais enceinte de Bérénice et ça a été notifié dans le rapport. Comme si, parce qu’aujourd’hui je me suis reconstruite, ça amoindrit le drame que j’ai vécu ", déplore Floriane.

“On est fragiles, confie Johannes. Chaque étape qu’on franchit nous rend un peu plus résilients, un peu plus forts, quand même.”

Floriane acquiesce en concluant “Disons que mon enfance, elle s’est arrêtée le soir du Bataclan. Mais voilà, aujourd’hui, je me confronte un peu plus à la réalité, à la dureté de la vie, et je me sens plus adulte, plus responsable et plus prête, oui, plus déterminée”

Back to Top
CIM LOGO