“Notre mouvement magnifique, historique et patriotique, Make America Great Again, ne fait que commencer”, a réagi M. Trump dans un communiqué, se posant une nouvelle fois en victime d’une “chasse aux sorcières”.
“Dans les mois à venir, j’aurai beaucoup de choses à partager avec vous et suis impatient de continuer notre incroyable aventure pour la grandeur de l’Amérique”, a-t-il ajouté.
Alors que les parlementaires se cachaient pour échapper aux émeutiers, Donald Trump aurait éconduit le chef de la minorité républicaine à la Chambre, Kevin McCarthy, qui lui demandait d’appeler ses partisans à cesser les violences: “Eh bien, Kevin, j’imagine que ces gens sont plus en colère que vous à propos de l’élection.”
Le coup de théâtre a bouleversé l’ordonnancement du procès que démocrates et républicains, pour des raisons différentes, semblaient vouloir boucler rapidement. Le président Joe Biden voudrait en particulier que le Sénat soit disponible pour voter ses textes prioritaires, comme un ambitieux plan de soutien à l’économie.
Très discret jusqu’ici, le très influent chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, avait fait savoir quelques instants auparavant qu’il voterait l’acquittement de Donald Trump, après avoir laissé planer le suspense sur sa décision pendant plusieurs semaines.
C’est “une décision difficile” mais “je voterai pour acquitter”, a-t-il écrit dans une note transmise à ses collègues.
Pour Donald Trump, il s’agirait d’un deuxième acquittement en autant de procédures de destitution. Un cas unique dans l’Histoire des Etats-Unis.
Les règles du procès lui sont favorables. Il faudrait que 17 sénateurs républicains votent avec les 50 élus démocrates pour former la majorité qualifiée nécessaire pour le déclarer coupable, un verdict qui ouvrirait la voie à une peine d’inéligibilité.
Depuis le début des débats, les élus de la Chambre des représentants, chargés de porter l’accusation contre l’ancien magnat de l’immobilier, ont déroulé un exposé implacable des faits.
Mêlant vidéos choc des violences et extraits choisis des diatribes présidentielles, ils ont accusé Donald Trump d’avoir renoncé à son rôle de “commandant-en-chef” pour se glisser dans les habits d’"incitateur-en-chef”.
Selon eux, il a “attisé la hargne” de ses partisans pendant des mois avec un “grand mensonge": en se présentant comme la victime d’une élection “volée”, par des “fraudes” dont il n’a jamais apporté la preuve.
Et le 6 janvier, au moment où les élus du Congrès certifiaient la victoire de Joe Biden, il “a allumé la mèche”, ont-ils dit, en leur lançant: “Battez-vous comme des diables”.
Une fois l’assaut en cours, il a attendu de longues heures avant d’appeler ses sympathisants à “rentrer chez eux”, délaissant, selon les procureurs démocrates, son serment de protéger les institutions. Au final, cinq personnes sont mortes, et des centaines ont été blessées ou traumatisées, ont-ils estimé.
Vendredi, les avocats du 45e président des Etats-Unis ont contre-attaqué dans un argumentaire concis - trois heures - et musclé.
Selon eux, l’attaque était “horrible” mais le procès est “injuste": c’est un acte “de vengeance politique” destiné “à interdire les discours que la majorité n’aime pas”, ont-il lancé.
Dégainant à leur tour des vidéos soigneusement éditées, ils ont assuré que le champ lexical combatif de Donald Trump s’inscrivait dans une “rhétorique politique ordinaire”, utilisée à gauche comme à droite et protégée par le Premier amendement de la Constitution qui garantit la liberté d’expression.
Ils ont notamment projeté un film d’une dizaine de minutes, dans lequel toutes les figures du parti démocrate, y compris Joe Biden, promettent de “se battre” sur tous les tons.
La défense a également jugé “absurde” de lier les violences au discours du 6 janvier, soulignant que Donald Trump avait appelé ses partisans à marcher “de manière pacifique et patriote” sur le Capitole.
Le coup de force “avait été planifié à l’avance” par des “criminels” et ne peut pas être imputé au président, ont-ils encore plaidé.