
Cet accident survenu vendredi soir au puits de Liushenyu, dans la province du Shanxi (nord), à environ 500 kilomètres au sud-ouest de Pékin, est la pire catastrophe minière qu'ait connue le pays depuis 2009.
Au total, 247 mineurs se trouvaient sous terre au moment de l'explosion, affirment les autorités, selon lesquelles 82 sont morts et 128, blessés, ont été hospitalisés.
Des proches attendaient dimanche près de la mine en quête de nouvelles, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Je n'ai aucune idée de comment l'accident est survenu", déclare un homme, qui explique que les appels téléphoniques à son frère mineur, âgé de 47 ans, "ne passaient plus" depuis l'explosion.
Un employé de 58 ans, qui était de l'équipe du matin vendredi et a donc échappé au drame, s'est dit à l'AFP "dévasté" par la perte de ses collègues.
Plusieurs centaines de secouristes sont mobilisés, selon les autorités.
Elles ont ouvert une enquête et pointé de "graves" infractions commises par le groupe privé Tongzhou, exploitant de la mine, des gaz toxiques s'étant notamment accumulés dans la mine.
"Les responsables seront sévèrement punis", ont promis samedi les autorités lors d'une conférence de presse.
La télévision publique CCTV a affirmé dimanche que les mineurs ne pouvaient théoriquement descendre sous terre qu'après avoir franchi plusieurs contrôles: reconnaissance faciale, portillon de sécurité et enregistrement avec un badge de géolocalisation individuel censé permettre de les suivre à la trace dans la mine.
Le panneau d'affichage des effectifs à l'entrée du puits indiquait 124 personnes descendues au moment de l'explosion, mais elles étaient en fait 247, un écart qui soulève des interrogations, pointe la chaîne.
Un ouvrier a affirmé dans une interview diffusée dimanche par l'agence officielle Chine nouvelle que très peu d'employés descendaient sous terre avec cette carte de géolocalisation.
Des "chefs" disent qu'on n'en a "pas besoin", affirme cet homme. "Difficile de dire" si des contrôles sont effectués, mais "en tout cas, on peut descendre sans badge", assure-t-il.
Par ailleurs, selon le journal officiel Beijing News (Xinjingbao), les plans fournis par la mine étaient incorrects, obligeant les secouristes à ratisser les galeries une par une.
L'AFP a adressé au groupe Tongzhou une demande de commentaire au sujet des accusations portées contre lui.
Un responsable de l'entreprise a été interpellé, selon Chine nouvelle.
Des sauveteurs se sont relayés dimanche pour descendre dans le puits et rechercher les deux disparus, déployant notamment un robot pour sonder les galeries, ont indiqué les médias officiels.
"Tant qu'il y aura de l'espoir, on fera tout notre possible", a dit l'un d'eux à Chine nouvelle.
Cet accident minier est le plus meurtrier en Chine depuis 2009, lorsque 108 personnes étaient décédées dans la province du Heilongjiang (nord-est).

Le gouvernement a ordonné une offensive nationale contre les activités minières illégales, comme les falsifications de données de sécurité, les imprécisions concernant les effectifs des travailleurs sous terre ou le recours à de la main-d'oeuvre non déclarée.
Wang Yong, un mineur blessé, a raconté à CCTV avoir senti une odeur suspecte au moment de l'explosion: "Je n'ai rien entendu du tout, puis un nuage de fumée est apparu. Ça sentait le soufre, comme quand on fait exploser des pétards".
Il a dit avoir vu des gens suffoquer, avant de perdre lui-même connaissance.
"Je suis resté allongé pendant environ une heure, puis je me suis réveillé tout seul. J'ai appelé les personnes à côté de moi" avant de sortir de la mine, a-t-il raconté.
Le Shanxi est un haut lieu de l'exploitation charbonnière en Chine.
La sécurité dans les mines s'est améliorée ces dernières décennies. Mais des accidents surviennent régulièrement, en raison de la dangerosité inhérente au secteur et de l'application parfois laxiste des mesures de sécurité.
En février 2023, l'effondrement d'une mine de charbon à ciel ouvert en Mongolie intérieure (nord) avait fait 53 morts.
Les mines de charbon chinoises emploient plus de 1,5 million de personnes.