Le Premier ministre luxembourgeois nous a accordé une interview lors de laquelle il s'est confié au sujet de la crise sanitaire, de son impact et de la vaccination qui se profile à l'horizon. Un entretien qui lui a également permis de répondre aux critiques qui pleuvent sur son gouvernement depuis l'arrivée de la deuxième vague épidémique et l'annonce du premier confinement partiel.
Et pour cause, le Luxembourg qui était considéré comme un des pays pionniers dans la lutte contre le coronavirus au début de la crise, est devenu, au cours des derniers mois, l'un des pays les plus touchés du monde par cette crise sanitaire. Alors aurait-on pu prévoir ou anticiper la virulence de la deuxième vague? Le Luxembourg n'avait-il donc pas de plan pandémie? Des questions auxquelles le Premier ministre répond avec une pointe d'irritation: "Bien sûr qu'on a des plans pandémie, des plans inondations, des plans attentat mais dans le cas d'une pandémie, ce sont des plans très variables."
Il admet qu'une crise "comme celle-là, on ne connaissait pas" et que les décideurs ne savaient pas forcément "comment ça allait évoluer". "Cette crise nous a frappés de plein fouet comme partout dans le monde" ajoute-t-il. Le Premier ministre explique que la crise leur a imposé des moments de "gestion" mais que le Luxembourg est tout de même parvenu à anticiper certains besoins. Xavier Bettel prend l'exemple du Large Scale Testing: "On n'attend pas que les gens aient des symptômes (...) on les sort du circuit aussi rapidement que possible."
Le chef d'Etat soutient que son gouvernement a pris "les décisions opportunes" en fonction des informations qui étaient disponibles tout au long de la crise. Il décrie d'ailleurs ceux "qui veulent tout fermer" en soulignant "que l'on parle ici de libertés individuelles" et qu'au delà des conséquences économiques, il y aurait un prix "psychologique" à payer si l'on optait pour des mesures aussi strictes.
Le politicien met l'accent sur le fait que "chaque individu a eu ses libertés d'entravées" et que cette situation a "déjà duré trop longtemps". Il évoque notamment des jeunes "qui sont privés de jeunesse" et des personnes âgées "que certains voudraient enfermer". Des moments difficiles qui "ne doivent pas pour autant nous faire perdre espoir", d'après lui.
En effet, l'arrivée du vaccin représente pour beaucoup "la lumière au bout du tunnel". Un point de vue partagé par le Premier ministre qui attire cependant l'attention sur le fait "que tout le monde ne sera pas vacciné du jour au lendemain" et qu'il ne faudra donc "pas relâcher nos efforts". Il prédit des "mois difficiles" où il faudra convaincre le public "que le vaccin est un pas de plus vers la sortie" de cette crise mais pas seulement.
"Ce seront des mois de reconstruction" annonce-t-il en rappelant qu'à travers les aides publiques le Luxembourg a créé "une dette énorme mais nécessaire". Pour Xavier Bettel, "ne pas investir dans l'économie" serait revenu à laisser "un cimetière aux générations futures". Un choix qu'il explique en déclarant avoir préféré "investir maintenant plutôt que d'avoir tout à reconstruire" plus tard.
Mais les aides mises en place suffiront-elles aux entreprises et aux établissements qui souffrent des fermetures imposées par le gouvernement il y a près d'un mois? Un pas a assurément été franchi avec le vote de la loi des coûts non-couverts et la prolongation des délais pour l’introduction des demandes de chômage partiel ce jeudi. Pour sa part, le chef d'État luxembourgeois a promis que son gouvernement allait "tout faire" pour limiter l'impact économique de cette crise.
Enfin, le Premier ministre a tenu à lancer un message à ses concitoyens concernant les mesures sanitaires en place: "Il n'y a pas de recette miracle. Ce n'est qu'ensemble que l'on arrivera à sortir de cette crise. Les libertés sont importantes, la vie est importante... On doit pouvoir vivre mais dans le respect de chacun et en prenant les responsabilités qu'on a par rapport aux autres et surtout par rapport aux plus vulnérables de notre société."
Un message lourd de sens à l'approche des fêtes qui se dérouleront dans le cadre des restrictions que le Luxembourg connaît maintenant depuis près d'un mois.
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