LuxembourgWunnrecht exige "4.000 logements supplémentaires d'ici fin 2022"

Maurice Fick
Le gouvernement doit "engager sans délai un plan d’urgence pour le logement" et taxer de façon dissuasive les appartements vides! La coalition Wunnrecht monte aux créneaux et interpelle Xavier Bettel alors que le parlement votera ce mercredi le Pacte logement.
© Maxime Gonzales / RTL

Dans un contexte de prix immobiliers qui continuent de grimper au Luxembourg, le Pacte logement 2.0 doit permettre aux communes, soutenues par l'État, de créer beaucoup plus de logements abordables et durables à l'avenir. Déposé début août 2020, le projet de loi sera soumis au vote des députés ce mercredi 14 juillet.

Un objectif que la première version du Pacte logement a "largement failli d’atteindre" alors qu'il y a aujourd'hui "accord que le grand défi du Luxembourg est de créer suffisamment de logements abordables", a posé la Commission du logement dans son rapport déposé le 8 juillet.

L'accès à un logement abordable est, de très loin, le souci n°1 des Luxembourgeois comme révélé par notre sondage Politmonitor publié mi-juin. Pour 81% des électeurs, pouvoir accéder à un logement à un prix abordable reste la principale préoccupation. Près de trois quarts d'entre eux estiment que rien ou pas grand chose n'a été fait jusqu'ici. De quoi apporter de l'eau au moulin du CSV, principal parti d'opposition qui exige

plus de constructions et moins chères.

MONSIEUR BETTEL, "IL FAUT LE FAIRE ET PAS SEULEMENT LE DIRE"

Mais le Pacte Logement 2.0 qui doit être voté ce mercredi au parlement manque de moyens et d'ambitions aux yeux de la coalition Wunnrecht (Droit au logement). Le collectif formé d'une bonne vingtaine d'associations et syndicats demande à la coalition gouvernementale "d’engager sans délai un plan d’urgence pour le logement".

La coalition Wunnrecht pour qui "un toit est un droit" (c'est son slogan) avait déjà fait entendre sa voix dans la rue fin mars. Elle demande concrètement au gouvernement Bettel de "créer au minimum 4.000 logements supplémentaires d’ici à la fin 2022, hors projets déjà planifiés ou en cours de construction" et de "mobiliser rapidement les logements et les terrains vides".

Dans la perspective de la mouture finale du Pacte Logement 2.0, le Premier ministre Xavier Bettel s'était dit favorable à une taxation des logements vides à la fin juin. Une déclaration qui n'a pas échappé à Jean Larock, porte-parole du collectif: "C'est très bien! Mais il faut le faire et pas seulement le dire". D'autant que selon lui, l'État a "véritablement les moyens de capter un grand nombre de logements pour les rendre disponibles aux besoins urgents".

DES TAUX "PROHIBITIFS"

Le collectif propose de taxer les logements inoccupés "de manière graduelle et progressive, avec des taux prohibitifs". L'idée étant évidemment d'obliger les propriétaires qui spéculent à vendre ou mettre ces logements en location. Autre solution proposée pour détendre la crise du logement qui pèse sur les plus démunis en premier lieu: créer "rapidement à l’échelle nationale", une "taxe sur la rétention des terrains" dans l'objectif de le es libérer à la construction.

Au-delà du Pacte logement, "il faut des mesures d'urgences pour mobiliser les bâtiments et logements vides car des gens sont aujourd'hui dans la rue et ils n'ont pas le temps d'attendre", explique Jean Larock.

le Pacte "ne répond pas à la situation d’urgence" dans laquelle se trouvent de plus en plus de citoyens privés de logement ou mal logés. Il serait près de 4.000 selon Wunnrecht.

"ON NAVIGUE À VUE"

Il estime que "3.000 à 4.000 logements sont vides au Luxembourg" mais reconnaît dans la foulée que c'est un premier gros souci: "Il n'existe pas de comptabilisation précise de logements inoccupés: c'est un vrai problème, on navigue à vue".

L'autre angle mort de la problématique au Luxembourg c'est qu'"il y a énormément de discrimination dans l'accès au logement au Luxembourg", glisse le porte-parole du collectif qui compte plusieurs associations d'immigrés dans ses rangs.

Quant au Pacte logement, il faut, aux yeux de la coalition Wunnrecht, le "revoir en profondeur" pour qu’il réponde aux "besoins réels de la population". Elle regrette que le gouvernement ait choisi de "réduire le pourcentage prévu au niveau des terrains constructibles qui devraient être mis à disposition pour la construction de logements à coût modéré. En fait, le pourcentage initialement prévu était encore insuffisant et aurait dû être augmenté !"

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