
Le Luxembourg vient d'être reclassé au vert par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies mais son Premier ministre, Xavier Bettel restera en isolement les dix jours à venir après avoir été testé positif au Covid-19. Si les bons chiffres (taux de positivité: 0,17%) de ce début d'été et le lancement des invitations pour vacciner les 12-18 ans laissent entrevoir le bout du tunnel de la pandémie, il est encore trop tôt pour dire quand.
La situation "est absolument gérable" dans les écoles luxembourgeoises (hormis une chaîne de contamination repérée à Frisange) et tout aussi réjouissante que dans la société mais "nous devons continuer à être prudents" d'autant "qu'une première présence du variant Delta a été confirmée", a expliqué ce lundi Claude Meisch, ministre de l'Éducation nationale, au micro de RTL Radio. "C'est beaucoup plus simple aujourd'hui" mais encore "trop tôt" pour oublier masque et gestes barrières.
"Je souhaite qu'au plus tard en septembre, on puisse recommencer (les cours) normalement, sans masque. Et peut-être le remettre ponctuellement quand le virus sera présent", explique Claude Meisch. Soulignant qu'une rentrée (mardi 14 septembre) sans masque "dépendra de la situation générale à l'automne" au Luxembourg. Mais il n'envisage pas de suivre la piste tracée par l'Institut Robert Koch en Allemagne qui préconise de conserver l'obligation du port du masque jusqu'au printemps 2022.

La vaccination des 12-18 ans le rend optimiste sur "une toute autre situation dans les lycées en septembre" mais, rappelle le ministre, jusqu'ici "la vaccination n'est pas encore validée pour les enfants alors que nous en aurions besoin".
La grande question aux yeux de Claude Meisch est maintenant de savoir quels sont les enseignements de ces quinze mois de pandémie qui a mis l'organisation scolaire solaire à rude épreuve. Beaucoup de progrès ont été réalisés (mise en place de l'apprentissage digital, des plateformes de communication, etc.) et "devrait assurément conserver leur utilité après la pandémie".
Mal noté dans le récent Politmonitor TNS-Ilres qui a confirmé la grande popularité de Paulette Lenert, ministre de la santé, Claude Meisch (DP) avoue: "Dire que ça ne me préoccupe pas, serait mentir. C'est sûr que ça me préoccupe et je regarde de près quelles sont les attentes à mon égard et les raisons qui font que je les comble pas". Claude Meisch a fini 28e sur la liste des 35 personnalités politiques notées, perdant 3 points en six mois. C'est l'un des ministres les moins populaires du gouvernement Bettel.
Pendant la pandémie "il a fallu prendre des décisions qui ne satisfont pas tout le monde, mais ce n'est pas très différents d'une période non-Covid", estime Claude Meisch. Il cite les défis de la digitalisation, le multilinguisme spécifique au Luxembourg et la nécessité de préparer les jeunes à "la nation hautement technologique qu'est devenu le Luxembourg" et explique "qu'on ne peut pas faire quelque chose dans l'éducation que quand tout le monde est d'accord, c'est ma responsabilité de prendre des décisions".
Il ne regrette en aucun cas d'avoir demandé à prendre "la patate chaude" que représente le très exposé ministère de l'Éducation nationale qui "reste très passionnant pour moi" car il permet d'actionner les leviers "qui donneront de bonnes chances d'avenir aux futurs générations", "quitte à ce que cela me rende pas toujours populaire".