
La question se pose depuis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande, depuis début décembre, l’utilisation de ces traitements chez les personnes souffrant d’obésité.
Le débat a été relancé après le témoignage d’une femme atteinte d’insulinorésistance, pour qui le semaglutide s’est révélé efficace, mais dont le traitement reste entièrement à sa charge. À ce jour, au Luxembourg, Ozempic et Rybelsus ne sont remboursés que lorsque le médecin atteste d’un diabète de type 2.
Dans leur réponse à RTL, les autorités sanitaires luxembourgeoises rappellent que trois médicaments à base de semaglutide sont commercialisés dans le pays : Ozempic (injections), Rybelsus (comprimés) et Wegovy (injections). Seuls les deux premiers disposent d’une autorisation européenne pour le diabète, ce qui conditionne leur remboursement. Wegovy, lui, est officiellement approuvé pour la prise en charge de l’obésité, mais n’est pas remboursé faute de demande introduite par le fabricant.
À partir du 1er février, un nouveau traitement de la même famille, Mounjaro (tirzepatide), sera remboursé dans certains cas précis : uniquement pour des diabétiques dont les valeurs glycémiques restent insuffisamment contrôlées malgré un traitement optimal par GLP‑1. Le remboursement se fera sur base d’un titre de prise en charge délivré après validation par le Contrôle médical.
Les chiffres de la Caisse nationale de santé montrent par ailleurs une hausse continue du nombre d’assurés ayant obtenu Ozempic ou Rybelsus ces dernières années : 2.175 patients en 2019, contre plus de 9.600 en 2023, et plus de 13.000 en 2024. Le nombre d’ordonnances suit la même tendance, dépassant les 34.000 en 2024.
Concernant les recommandations de l’OMS, la Santé souligne qu’il s’agit d’un avis « conditionnel » basé sur des preuves modérées, et uniquement pour les produits officiellement autorisés dans le cadre du contrôle de l’obésité. Le ministère insiste sur la nécessité d’une prise en charge globale incluant activité physique et rééquilibrage alimentaire, et rappelle que les effets à long terme restent insuffisamment documentés. Les autorités luxembourgeoises continueront d’analyser l’évolution des connaissances avant de décider d’un éventuel élargissement du remboursement.
Enfin, la pénurie d’Ozempic semble s’atténuer en Europe comme au Luxembourg, grâce à l’augmentation des capacités de production et à l’arrivée progressive d’alternatives. Quelques ruptures ponctuelles ne peuvent toutefois pas être totalement exclues.