
"Pour le dialogue social dans les entreprises, nous n'avons pas besoin des syndicats. Ce dialogue se passe chaque jour entre le patron et ses employés dans nos entreprises", a déclaré mardi sur RTL Luc Meyer, le président de la Fédération des Artisans. Il n'est "plus approprié que la centrale syndicale décide d’en haut comment se passe le travail sur le terrain," Chaque entreprise est différente. La Fédération des Artisans avait souligné la semaine dernière que lors des élections sociales, "dans les plus petites entreprises de moins de 100 salariés, 77% des délégués élus étaient indépendants." Et qu'il ne s'agissait pas de membres de l'OGBL ou du LCGB.
"Les salariés sont les ambassadeurs d'une entreprise, qui dépend d'eux." Le salarié tient la barre aujourd'hui car "des collaborateurs hautement qualifiés sont recherchés." "Ils peuvent choisir où ils vont aller travailler. Ils peuvent déjà présenter leurs conditions lors de l'entretien d'embauche."

L'absentéisme a également été évoqué par le président de la Fédération des Artisans. Selon Luc Meyer, il aurait "pratiquement doublé depuis la pandémie." Il faut revenir à un niveau raisonnable, sans cibler les personnes vraiment malades.
Luc Meyer est pour "un système plus juste", car "les gens honnêtes passent aujourd'hui pour des idiots". Il imagine "un système de bonus-malus, comme pour les assurances. Celui qui n'est jamais absent devrait être davantage récompensé. Celui qui est plus souvent malade devrait payer davantage."
Les syndicats ne sont pas des obstacles, mais ils ont contribué à ce que le pays ait pu se développer à ce point, réplique Partick Dury, le président du LCGB, aux déclarations de Luc Meyer.
La discussion autour de l'absentéisme est menée depuis 30 ans, toujours sous une autre forme.
Patrick Dury: "Premièrement nous avons besoin au Luxembourg d'une analyse sur l'absentéisme. Avant le Covid déjà, nous avons vu que 80% des personnes en arrêt sont des malades de longue durée. Cela signifie que ces gens sont gravement malades. Et cela n'a pas de sens que nous harcelions encore ces gens avec de telles idées malines ou moins malines, pour ne pas dire relativement stupides, que quelqu'un a en tête."
Depuis le Covid, il y a plus de maladies dans les entreprises, car il y a plus de maladies virales. Mais si des salariés malades vont travailler et contaminent leurs collègues, on ne maîtrise pas non plus l'absentéisme.
Le secrétaire général de l'OGBL, Jean-Luc de Matteis dit que le taux d'absentéisme a reculé l'an dernier. "Au lieu de se fixer simplement sur un taux, il faudrait déterminer pourquoi les gens sont malades. Y a-t-il des risques psycho-sociaux, y a-t-il des problèmes physiques? Quelles sont les situations qui rendent les salariés malades? Et là nous devrions travailler à ce qu'ils ne deviennent pas malades. Et pas sanctionner les gens qui sont malades."