
La situation du marché du logement n'est pas évidente au Luxembourg. Esch-sur-Alzette ne fait pas exception. Afin de créer une offre supplémentaire de logements et ainsi faire baisser les prix, une taxe sur les logements vacants sera introduite dès cette année, a déclaré le bourgmestre d’Esch, Christian Weis, mardi matin sur RTL.
À Esch-sur-Alzette, environ 8 % des logements sont actuellement inoccupés. En fait, il existe déjà depuis 2012 une taxe sur les logements vacants, mais elle n’a jamais été perçue jusqu'à présent. Cela devrait toutefois bientôt changer.
"Cela fait en réalité près d’un an que nous sommes en discussion avec le ministère des Affaires intérieures afin d’examiner différentes formulations, différentes définitions. Je suis très confiant : nous avons encore deux remarques en suspens, selon le retour que nous avons reçu du ministère des Affaires intérieures en juin. Je suis donc très confiant que nous pourrons voter ce texte cet automne et mettre en place cette taxe. Cela signifie que, selon la taille du logement et selon la durée de vacance, une taxe pouvant atteindre 10.000 euros pourra être appliquée à un logement inoccupé."
Par ailleurs, d’autres pistes sont également envisagées. Ainsi, la Ville d’Esch construit elle-même massivement des logements et libère aussi des terrains communaux afin que des acteurs nationaux puissent y réaliser des projets.
Interrogé sur le problème des chambres meublées ("Cafészëmmeren"), Christian Weis a souligné qu’il fallait trouver un équilibre entre, d’une part, l'offre de logements dont le besoin est urgent et, d’autre part, la garantie d’un certain niveau de propreté et de sécurité. Des logements sont régulièrement fermés par les autorités, mais il faut alors également proposer des alternatives aux personnes concernées. "Il y a régulièrement des situations qui nous sont signalées, où nous allons effectuer des contrôles et où nous constatons que ces logements ne sont pas habitables ; ils doivent alors être fermés. (...) En contrepartie, la Ville d’Esch doit elle-même prendre des mesures pour créer des logements et pour mobiliser les logements qui existent déjà. Car c’est en réalité la véritable réponse à la crise du logement."
Compte tenu du fait que les canicules risquent de devenir plus fréquentes à l’avenir, Esch souhaite veiller à construire de manière à éviter la formation d’îlots de chaleur. Il y a environ un an, un "gestionnaire de résilience" a été recruté. Il est notamment chargé de cette question et doit élaborer une stratégie de résilience d’ici la fin de l’année. Avant cela, un "Guide du citoyen résilient" sera publié, avec les recommandations essentielles sur la manière dont les citoyens doivent réagir face à différentes situations de crise.
Un autre sujet abordé au cours de l’entretien était la récente assignation en justice dont a fait l'objet la Ville d’Esch. Une assignation déposée par le promoteur immobilier Kindy Fritsch, qui réclame 130 millions d'euros à la commune. Il reproche à la Ville d’Esch de freiner délibérément le projet immobilier PORTAL EENT, qui devrait voir le jour sur l’ancien site du Garage Losch. Dans le cadre de ce projet, la Ville d’Esch devait elle-même acquérir 11 maisons unifamiliales afin de les mettre à disposition comme logements abordables. Kindy Fritsch prétend notamment que la commune serait intervenue auprès de l’Administration de l’Enregistrement pour bloquer le cadastre vertical. Il affirme en outre que les fonds prévus pour le projet PORTAL EENT auraient été redirigés, pour des raisons politiques, vers le projet Rout Lëns.
À ce sujet, le bourgmestre d’Esch, Christian Weis, a déclaré : "Lorsqu’on consulte, par exemple, le plan pluriannuel, on constate que les montants destinés aux deux projets y figurent toujours. La situation financière de la Ville d’Esch n'exclut pas la possibilité que nous ne soyons pas en mesure de réaliser l'un des deux projets. Quoi qu'il en soit, nous rejetons également cette critique."
Le bourgmestre n'a toutefois pas souhaité fournir trop de détails sur cette affaire, car le dossier se trouve désormais entre les mains des avocats des deux parties.