
Presque tous les gouvernements plaident pour le pluralisme de la presse. Une presse qui évolue avec la numérisation. Ce phénomène a été pris en compte dans la réforme de l'aide à la presse. Cependant, cela ne profite pas à tous les organes de presse, et même la réforme prévue ne peut pas convaincre tous les organes de presse, surtout le Quotidien.
L'aide à la presse a été réformée en 2021. La base pour l'attribution des aides publiques n'est plus le volume de papier envoyé à l'imprimerie, mais le nombre de journalistes officiellement reconnus. Il avait été dit que nul ne recevrait moins d'argent. Mais au Quotidien, la facture ne tombait pas juste. C'est pourquoi une phase transitoire lui a été accordée. Mais personne n'avait vu venir la crise Covid et il n'y a eu aucun ajustement à l'inflation.
Une nouvelle réforme de l'aide à la presse se profile à présent. Avec la nouvelle réforme, le Quotidien, qui perdra les avantages de la phase transitoire qui se terminera en 2026, risque encore d'être le dindon de la farce.
"Nous essayons de produire un journal chaque jour. Produire un journal est un petit miracle: le matin les pages sont toutes blanches et le lendemain à 4h00 du matin, le journal se retrouve imprimé dans les boîtes aux lettres. Pour y arriver, nous avons besoin de ressources: nous avons le pris du papier, nous avons les journalistes, dont nous avons besoin pour le faire. L'impact s'élève pour nous quasiment aux 400.000 euros que nous perdrons. Si nous ne pouvons plus financer les journalistes, nous ne pouvons plus produire de journal."
Le directeur de Quotidien a expliqué qu'il existe plusieurs contraintes qui entraîneront une perte de près de 400.000 euros si le journal tombe sous le nouveau régime des aides à la presse. Les coûts ont fortement augmenté depuis 2019. Celui du papier, par exemple, de près de 80 %. À cela se sont ajoutées une demi-douzaine de tranches indiciaires.
Le Quotidien a toutefois encore la chance d'avoir le soutien des actionnaires, mais la direction ignore combien de temps le journal pourra continuer ainsi. En plus, "il est important pour le pluralisme de la presse quotidienne qu'il continue à y avoir un journal francophone".
"Une offre en ligne ne pourra jamais remplacer un véritable journal papier". Le directeur du Quotidien espère que les amendements nécessaires seront apportés au projet de loi, afin de pouvoir continuer le journal.