
Comme lors de la dernière réforme de 2021, certains médias en profiteront plus que d'autres. Pour "Le Quotidien", le seul quotidien luxembourgeois francophone, la situation reste critique. Il ne faut pas soutenir le papier, mais le journalisme: tel était le leitmotiv de la dernière réforme de 2021.
Depuis, il existe un forfait par titre de média. Il s'élève actuellement à 226.000 euros, plus 30.000 euros par an par journaliste titulaire d'une carte de presse. Par conséquent, plus un média compte de journalistes titulaires d'une carte pro, plus il touche au titre de l'aide à la presse.
Les grands gagnants de cette réforme furent les maisons d'édition de "Paperjam", "Maison moderne" et "L'essentiel", car pour la première fois les mensuels et les gratuits devenaient éligibles à l'aide à la presse. Ce fut aussi le cas des plateformes en ligne comme Reporter et l'ancien quotidien du parti DP le "Journal", qui n'existe plus sous sa version imprimée depuis 2021. Il était déjà clair à l'époque que le Quotidien ne pourrait pas survivre avec le nouveau système.
L'écart entre l'ancien système de calcul et le nouveau représentait pour ce journal près de 400.000 euros d'aides en moins. C'est pourquoi un délai transitoire a été instauré, qui court jusqu'en 2026, pendant lequel l'ancienne aide à la presse au niveau qu'elle atteignait en 2019, continue d'être versée. Le niveau de 2019, donc celui d'avant les différentes crises survenues depuis. Les aides du régime transitoire n'ont plus été adaptées depuis lors.
Le nouveau projet va encore plus loin. Actuellement, différents plafonds s’appliquent encore aux différentes publications. Ces montants s'échelonnent d'environ un demi-million d'euros par an pour les plateformes en ligne, à plus de 800.000 euros pour les hebdomadaires et jusqu'à 1,6 million d'euros pour les quotidiens. À l’avenir, il ne devrait y avoir qu’un plafond de 1,6 million d’euros pour tous.
Cela servira la neutralité technologique, affirme le projet de loi - même si l'impression et la distribution de journaux sont associées à des coûts beaucoup plus élevés que l'exploitation d'un site Internet. Les grands gagnants seront donc une nouvelle fois les publications en ligne et les mensuels, pour lesquels le plafond augmentera le plus. Rien ne changera pour les journaux comme le "Quotidien".
Interrogée, la ministre déléguée aux Médias, Elisabeth Margue, a indiqué qu'elle aura un entretien avec la fédération des éditeurs à l'automne pour discuter du projet de loi et que celui-ci pourrait être adapté via des amendements.